Le rendement et le risque

Par Robin des Bonds, 16 juin 2009

Pour les mises à jour de ces courbes, suivez le tag « spread« 

C’est la base : plus un titre est risqué, plus il a un rendement élevé.
Je ne vais pas vous rappeler ce que sont les agences de notations, la page Wikipedia sur le sujet est très bien pour cela.

Rendements par notation, au 16 juin 2009

Rendement selon le rating

Reuters a créé des indices composites « benchmark », donnant une idée du taux des les titres ayant la même notation, ce qui permet de créer de telles courbes des taux. Les taux sont ceux des obligations du marché secondaire, avec tous les biais que cela comporte (le marché peut être non représentatif car peu liquide; au sein d’une même notation, les titres peuvent être très hétérogènes; les chiffres peuvent être pollués par des cas particuliers, etc).

On remarque que ce n’est pas une science exacte : par moments, la courbe AA paye davantage de rendement que la courbe A, pourtant plus risquée ! Cela peut tenir à la prépondérance d’un secteur, comme les banques, dont le marché estime qu’elles bénéficient d’un soutien implicite (c’est le « too big to fail », en cas de problème, les actionnaires peuvent se faire diluer par une augmentation de capital souscrite par l’Etat).

Exemples de notation long terme Standard & Poor’s

  • AAA : France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Suisse, SNCF
  • AA+ : General Electric, Espagne
  • AA : Nestlé, BNP Paribas, Total, Irlande
  • AA- : Crédit Agricole, Sanofi, JP Morgan
  • A+ : EDF, Société Générale, La Poste/La Banque Postale, BFCM, Natixis, Caisses Nationales des Caisses d’Epargne, Siemens, Axa, Unilever
    NB : c’était aussi le rating de Lehman Brothers avant la faillite.
  • A : GDF Suez, Unibail, Carrefour, BMW, Air Liquide
  • A- : France Telecom, Schneider, Danone, Volkswagen, Pologne, Grèce
  • BBB+ : Saint-Gobain, Veolia, Alstom, Vinci
  • BBB : Lafarge, Peugeot, Renault, Vivendi, Arcelor Mittal, Michelin, Accor
  • BBB- : PPR, Casino Guichard, Thomson
  • BB+ : Roumanie, Pernod Ricard, Nexans, Rhodia
    NB : C’était aussi le rating de General Motors avant la faillite.
  • BB- : Gecina

Au-dessus de BBB-, on est « investment grade ». La plupart des fonds obligataires n’ont le droit d’investir que dans les titres « Investment grade ». En dessous, on est dans la catégorie spéculative, ou « junk bond ».

En Investment grade, est confiant et on espère que rien n’arrivera.
En junk bond, on espère que quelque chose arrivera, car si on continue sur cette trajectoire, c’est le défaut.

Les titres peuvent être notés individuellement : une obligation « senior » bénéficie d’un remboursement prioritaire par rapport à une obligation subordonnée. L’émetteur a sa notation, mais les obligations portent des risques différents.

La plupart des sites des grandes entreprises ont une partie « investisseurs » dans lesquels vous pouvee trouver la dernière notation. Gardez cependant à l’esprit que la notation ne représente que l’avis d’une agence, payée par l’émetteur.

Cela ne veut pas dire qu’il faille acheter tout ce qu’on propose en assurance-vie si c’est au-dessus de la courbe !
Pour référence Lafarge (BBB-) vient d’émettre à 7 ans à 6,25%, Axa (A+) à 7 ans à 4,5%, et, bien sûr, EDF (A+) à 5 ans à 4,5%.
La sélection « crédit », c’est du cas par cas.



One Response to “Le rendement et le risque”

  1. Obligaterre dit :

    Il faut accorder une importance relative à la notation.
    Elle doit être considérée comme une aide à la décision.
    Souvenons-nous que bon nombre de créances subprimes étaient logés dans des paquets de dettes notés AAA. Cette notation avantageuse est ainsi à l’origine de la propagation de la crise financière.
    La note permet de conforter sa propre conviction sur la qualité de l’emprunteur et de vérifier que le rendement proposé à l’émission ou sur le marché secondaire est en rapport avec la note attribuée par les agences,puisque les notes déterminent théoriquement les taux auxquels les prêteurs acceptent d’investir.
    La note peut être révisée (à la hausse comme à la baisse) ce qui ne sera pas sans conséquences sur le cours de l’obligation.
    La décision d’investir ne se résume pas à investir uniquement sur le AAA.
    Ainsi en fonction de critères personnels, l’investisseur prenant en compte le couple rendement/risque pourra très bien décider d’investir dans la catégorie junk bonds.

    Bref, la décision d’investir sur telle ou telle obligation est lourde de conséquences.

    Un placement trop prudent générera des rendements faibles, un placement trop audacieux pourra provoquer la perte totale du capital.

    Rendement/Risque…that is the question!

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