Quelles obligations acheter ? s’interroge Les Echos

Par Robin des Bonds, 4 juin 2009

D’ordinaire, le quotidien Les Echos consacre sa page du « Cercle des Gérants » à une discussion sur l’économie, l’état du monde, et, évidemment, des choix d’actions à détenir.

La semaine dernière, le Cercle des Gérants était entièrement consacré aux obligations ! En général, un engouement tel suscite la méfiance, mais je ne sais pas s’il faut être contrarien au point de se désintéresser totalement de la classe d’actifs… Les obligs ne font pas encore la une de Marie-Claire ! Je pense qu’il s’agit plutôt d’un retour à l’équilibre des choses, les obligations retrouvant leur place légitime dans les portefeuilles.

Voici un résumé de la discussion à la quelle participaient Michael Soued (State Street), Marie-Suzanne Mazelier (SGAM), Xavier Baraton (Halbis), et Pascal Gilbert (la Française des Placements).

Les points marquants de la discussion

  • Le risque systémique s’écarte, avec l’interventionnisme des Etats
  • Les taux d’intérêt peuvent rester bas longtemps
  • Depuis que l’on a frôlé la crise systémique, le risque est mieux rémunéré, et le sera désormais pour longtemps
  • Les obligations indexées sur l’inflation sont une très bonne opportunité, même si le thème de la « reflation » n’est pas consensuel parmi les quatre gérants
  • Les gérants conseillent les SICAV et FCP obligataires, offrant une bonne diversification à l’investisseur individuel
  • Ils privilégient les fonds à échéance, plutôt que les fonds « ouverts » classiques sans échéance, qui gèrent selon une contrainte de  maturité moyenne constante
  • Ils ne répondent pas à la question « quelles obligations acheter ? » :)

Mes commentaires

Pour éviter la crise systémique, il faut éviter les faillites, notamment de banques. Cela peut passer par une spoliation des actionnaires, qui peuvent être là pour préserver la solvabilité de l’entreprise (et donc le capital des porteurs obligataires). Une augmentation de capital géante dilue les actionnaires, mais préserve les obligataires. En période de choc, je trouve donc le risque de crédit très convenablement rémunéré.

Les points morts d’inflation sont actuellement très bas. Le marché se concentre sur les risques de déflation à court terme, sans tenir compte autrement qu’en paroles des conséquences inflationnistes des plans de relance par le déficit. Cela permet d’investir sur des obligations indexées sur l’inflation en ayant un bon matelas de sécurité (sans même parler des opportunités que l’on trouve sur le marché secondaire !).

Les taux peuvent rester bas longtemps : je suis plus que d’accord, depuis que j’ai lu le « speech » de Bernanke en 2002 (Deflation, making sure « it » does not happen here), je suis persuadé que nous sommes entrés dans une ère de taux bas, tant courts que longs. La nomination de Bernanke à la Fed n’a fait que confirmer cela. Et une ère, pour moi, c’est au moins dix ans !

Les fonds obligataires « à échéance » sont une bonne idée. Ils permettent d’investir sur un panier d’obligations diversifiées qui seront conservées jusqu’au terme. Voici un suivi de ces fonds réalisé par veilleplacements.fr.

En investissement en direct, Euronext Paris, et surtout Amsterdam (pour peu que l’on passe par un courtier y donnant accès) regorgent d’opportunités sur le marché obligataire en secondaire : c’est la raison d’être de ce blog.

Ah, et voici le lien vers l’article des Echos en intégralité.



2 Responses to “Quelles obligations acheter ? s’interroge Les Echos”

  1. GOUGAT dit :

    Comment se constituer un revenu perpétuel avec les obligations, et comment s’organiser pour trouver les meilleures opportunités.
    J’aimerais bien avoir quelques explications.
    Merci bien.

  2. Bonjour,
    Merci pour votre commentaire !
    Les prochains « gros sujets » seront consacrés aux obligations perpétuelles. Pour briser un peu le suspense, de tête, les perpétuelles sur Euronext Paris sont :
    Les obligation Casino et AXA, les titres participatifs (Renault, GDF, Aventis, Thomson, Saint Gobain), et les titres subordonnés à durée indéterminée bancaires (TSDI bancaires). Je détaillerai tout cela dans un prochain article.

Leave a Reply