Obligations en assurance-vie : 5 points à vérifier
On vous propose de souscrire à des obligations dans un contrat d’assurance-vie. Vous avez étudié l’émetteur, comparé le rendement et le risque, le taux et le rating, cela vous semble correct, et vous allez renvoyer le bulletin de soucription.
Stop ! Voici cinq points que vous avez peut-être oublié de vérifier !
1. Les frais d’entrée
Les frais d’entrée (ou droits d’entrée, frais sur versement, frais de chargement, etc.) correspondent à la rémunération du distributeur. Si vous avez contacté l’intermédiaire vous-même, rempli les papiers vous-même, et/ou souscrivez un montant important, ils sont tout à fait négociables. Il existe de plus en plus de contrats à 0%, mais les frais de gestion sont en général plus élevés. Quoi qu’il arrive, personne ne travaille gratuitement.
Exemple : Discount Placements propose les obligations Pernod Ricard et Rallye dans le contrat Panthea avec des frais de versement affichés à 4,5%. Pour souscrire des obligations d’échéance 2 ans, c’est beaucoup : c’est analogue à une réduction du rendement de 2,25% par an !
Ces frais sont totalement négociables, et peuvent tomber à 0% (merci
2. Les frais de gestion
En réalité, dans une assurance-vie, on ne peut pas acheter d’obligations. On ne peut qu’allouer son capital sur des « unités de compte ». Alors les assureurs créent des unités de compte dont la valeur est indexée sur des obligations. Comment ? En indexant ces unités de compte sur des produits créés par des banques, qui répliquent les mouvements des obligations en question. Compliqué tout ca…
La conséquence, c’est qu’il y a des frais annuels pour payer tous ces intermédiaires : les frais sur unités de compte. Ces frais sont imputés au contrat d’assurance-vie en réduisant, chaque année ou chaque trimestre, le nombre d’unités de compte possédées.
Il faut vérifier qu’après frais de gestion, le taux obtenu ne soit pas similaire à un taux que l’on obtiendrait sur des obligations de meilleure qualité ! Sinon, à quoi bon prendre le risque de crédit ? Les frais de gestion, propres au contrat, ne sont pas négociables.
Exemple : Pour l’offre « Groupama Obligation 2009« , l’obligation sous-jacente porte un taux de 5,80%, mais le contrat « Groupama Obligation 2009″ ne rémunère que 4,95% : la différence, 0,85%, ce sont les frais de gestion sur unités de compte.
3. La différence entre taux facial et taux actuariel
Si l’obligation n’est pas achetée à l’émission, elle a un cours qui n’est pas forcément la valeur d’origine. Si l’obligation a monté, le rendement de notre placement est moins intéressant (on reçoit les mêmes coupons, mais on paye le titre plus cher). Certains intermédiaires font une communication litigieuse, en mettant en avant le taux facial des coupons de l’obligation, sans préciser qu’elle ne sera pas souscrite au pair.
Exemple : Monfinancier commercialisait l’obligation Lafarge 7,625%, et ce n’est que dans le bulletin de souscription que l’on découvrait que le taux actuariel était de 7,33%, du fait d’un achat plus cher que le pair.
4. Les contraintes d’investissement
Certains courtiers imposent des contraintes d’investissement drastiques. Aucune contraite règlementaire à cela, simplement la volonté de « surfer » sur une offre commerciale pour récupérer des capitaux sous gestion. Pour le souscripteur, c’est de l’argent qui aurait pu servir à une diversification « ailleurs ». Vérifiez aussi le nombre de contrats commercialisés par le courtier : mieux vaut un contrat bien suivi, qu’une multitude de contrats avec une promo de lancement et aucun suivi derrière.
Exemple : Altaprofits imposait, si l’on souhaitait souscrire aux obligations ArcelorMittal, un minimum d’investissement de 34 000 EUR, dont 30% seulement iraient sur les obligations Mittal (l’offre étant close, les détails ont été retirés du site).
5. La qualité du contrat
Obligations ou pas, une assurance-vie reste un contrat d’assurance, régi non pas par le code monétaire et financier comme les placements, mais par le code des assurances.
Il convient de vérifier qui est l’assureur « derrière » le commercialisateur, si le contrat est collectif ou individuel, la qualité du fonds en Euros, la diversité des unités de compte disponibles, et beaucoup d’autres choses. Mais cette problématique, spécifique à l’assurance-vie, s’écarte trop du thème principal du site (investissement en obligations) pour être traitée ici.
Si vous cherchez des informations sur le sujet, je vous conseille les sites de presse financière plutôt que les comparateurs sur Internet.
En conclusion…
J’espère vous avoir permis d’analyser plus finement la multitude d’offres de contrats d’assurance-vie proposant des obligations. L’aspect principal reste tout de même le risque de crédit sur l’émetteur des obligations : ce n’est pas du « sans risque », le risque de faillite existe même pour les entreprises « de la vie de tous les jours ».
Plus les coupons sont élevés, plus l’entreprise est risquée et plus elle doit être rentable pour pouvoir les payer !
Bonjour,
petite précision, Discount placement m’a proposé l’UC à 7.50% Pernod et Rallye avec des droits d’entrée à 0%, et non pas à 4.50% comme le prévoit le contrat.
Merci pour cette précision. J’ai amendé l’article en conséquence !
Autre contrainte décelée : certains contrats impose une souscription minimale de 10.000 € comme indiqué dans l’article, mais en plus ils interdisent tout rachat partiel qui engendrerait une valorisation de l’U.C. inférieure à 10.000 €.
Donc si a l’origine, la souscription s’élève à 10.000 €, vous êtes dans l’impossibilité de prendre partiellement vos plus-values, c’est tout ou rien. Beaucoup moins souple que la gestion en directe dans un compte titre…
Merci beaucoup pour ce site.
J’ai souscrit des obligations sue des contrats d’assurance vie avec Actifinances (site http://www.discount-placements.com) et je confirme que les frais sont toujours de 0% sauf sue les contrats de La mondiale ou ils font parfois 0,50%.
Il n’y a pas besoin de négicier, ce sont leurs conditions ce qui n’empeche pas le service de qualité.
Un point que je ne vois précisé nulle part dans les avenants de e-Cie Vie :
En cas de vente avant l’échéance, le coupon couru est-il versé ? Les avenants parlent uniquement du cours de clôture du jour, faut-il comprendre que l’assureur empoche le couru à la place du souscripteur ?
Et accessoirement, les frais de gestion sont alors facturés au proprata ? J’imagine que la règle habituelle des UC s’applique ici, mais je ne connais pas bien le sujet.
Si quelqu’un a une réponse, merci !
En réponse à Fred
Sans lire les contrats e-Cie Vie, il est certain qu’en cas de revente le coupon revient au souscripteur. En effet, le coupon est attaché à l’obligation.
Concernant les frais de gestion, si j’ai bien compris la question, ils sont décomptés par l’assureur pro rata temporis sur le contrat et non pas sur les supports. Peu importe la nature des supports, sauf pour les courtiers qui appliquent éventuellement des frais de gestion différents par types de supports.