Rendements par notation, spreads de crédit et historique
Pour les mises à jour de ces courbes, suivez le tag « spread«
Dans le commentaire d’un précédent article, Obligaterre, fidèle lecteur et commentateur du blog, mentionnait la baisse des taux de rendement des obligations, tant sur le primaire que sur le secondaire.
Voici un article des Echos sur le sujet : Emprunts privés : pourquoi les rendements sont-ils aussi élevés ?, sauf que depuis, les spreads se sont tellement resserrés : voici quelques graphes pour illustrer cela !
Mise à jour du graphe rendement/risque
(c’est une mise à jour cet article sur le rendement et le risque)

On constate que la courbe s’est tassée d’environ 15/20 points depuis le mois précédent.
A la lueur de ce graphe, le montage Rallye/Pernod Ricard (respectivement non noté et BB+), proposé par Nortia, et rapportant 7,5% brut sur deux ans apparaît intéressant !
Faisons maintenant une coupe transversale de ce graphe sur l’échéance 10 ans, et regardons le passé :
Historique des rendements à 10 ans selon la notation

Depuis début juin, les marges de crédit et les taux des obligations sont en chute libre ! Voire même, pour le segment A et AA, les taux sont inférieurs à ceux d’il y a deux ans !
Le taux des obligaitons sans risque (AAA) reste stable : le marché ne s’intéresse qu’aux gros rendements.
Enfin, si l’on s’intéresse plutôt à la rémunération du risque, il faut regarder l’écart de rendement entre les obligations et le taux sans risque de même maturité.
Historique des marges de crédit selon la notation
Le graphe suivant est obtenu en faisant la différence entre les courbes respectivement noire, rouge, bleue, par rapport à la verte. C’est la prime que l’on encaisse en contrepartie du risque supérieur. La maturité choisie est de nouveau 10 ans.

Les remarques
C’est confirmé par le bon sens, mais les modèles des banques commencent eux aussi à trouver que la réduction des marges de crédit est trop importante : on entre dans une zone où le risque n’est plus assez rémunéré compte tenu du taux de défaut potentiel.
Sur les taux courts (Eonia, Euribor), le point de vue consensuel est que seule une hausse de l’inflation et des matières premières pourrait remettre en cause la politique de taux bas.
Si l’on résume l’état d’esprit du marché actuellement, c’est :
- Mauvaise nouvelle sur la croissance => « Flight to quality » => Les taux souverains (AAA) baissent => les obligations privées accompagnent le mouvement en gardent un spread constant
- Bonne nouvelle sur la reprise => On vend les titre sans risque pour aller sur les classes d’actifs plus risquées, dans l’ordre : dette court terme, dette corporate, obligations subordonnées, perpétuelles, et actions.
Bref, tout le monde se rue sur les obligs corporate, et pas de taux exceptionnels à attendre cet été tant qu’il n’y a aucun grain de sable dans les engrenages.
sauf nouvelle défaillance d’entreprise, les spreads vont continués à baisser et nous ne retrouverons plus de taux exceptionnels comme nous en avons connus.
Pour avoir de bon taux, il faudra des sociétés coté B-, ce qui commence à etre risque.
Le placement en obligation restera néanmoins meilleurs que les fonds en euros des contrats d’assurance qui seront en dessous de 4% en 2009 et 2010 pour 95% d’entre eux.
En compte titres, on peut rechercher les oblig d’état comme le Portugal ou la Grèce.
En assurance vie, il faudra suivre les émissions d’Apicil, de la Mondiale via l’APREP et OLYMPIA
Voici donc une divergence d’analyse qui fait l’intérêt du blog.
Je précise mon point de vue:
- Il y a bien un flight to quality vers les corporate qui trouve son support dans un sentiment de marché relativement optimiste.
- Ce mouvement prendra fin en même temps que la fin de la spéculation sur la fin de la crise et le début de la reprise….disons d’ici 1 à 2 mois. Les résultats des entreprises seront soit gonflés par des recettes exceptionnelles (trading gagnants pour les banques ou plus-values sur cessions d’actifs) soit pénalisés par la faiblesse de l’activité. Dans les deux cas, je ne vois pas comment ces nouvelles pourraient être considérées durablement comme positives.
- Les problèmes de financement des entreprises et des Etats vont perdurer de longs mois ou années ….Actuellement les prêteurs n’ont pas la main. Ils la reprendront tôt ou tard.
Pour finir, je remercie les intervenants qui ont signalé l’opération CLN Corporate 7.50%. Je la trouve aussi très intéressante. Rapport Rendement/Risque très favorable sur la période de 2 ans. Le seul problème est que le produit est logé dans l’assurance-vie et qu’il faudra à l’échéance trouver un réemploi….