Scénarios sur l’inflation

Par Robin des Bonds, 5 juillet 2009

L’inflation est un déterminant essentiel du cours et du rendement des obligations.
L’inflation est l’ennemie des rentiers et de tous ceux qui perçoivent des revenus fixes. Une forte inflation entraîne une baisse du cours des obligations, et donc une hausse des taux, les investisseurs demandant un rendement réel plus une prime.

Deux articles ont attiré mon attention cette semaine

Le mythe du retour de l’inflation, chez Investir

En résumé :

  • L’inflation ne peut que remonter, par des effets mécaniques (effet de base lié au calcul sur 12 mois), mais ce sera une normalisation, et non une réelle inflation
  • Les années 2000 ont connu une hausse jamais vue des prix des matières premières, alors que l’inflation et les taux sont restés bas (le fameux « conundrum de Greenspan). L’injection massive de liquidité n’a pas non plus causé d’inflation.
  • Les pressions concurrentielles, la lente sortie de crise, et l’intérêt général du capitalisme (inflater le prix des actifs, et non faire baisser les rendements réels), plaident pour un retour au rythme « normal » d’inflation d’ici 2-3 ans seulement.

Les risques de désinflation, par ING Investment Management

En résumé :

  • L’inflation des pays développés devraient tourner autour de 0 pendant 2-3 ans
  • La création de liquidités par les banques centrales ne donne pas lieu à inflation, car nous sommes dans un cycle de désendettement et non d’endettement.
  • Les surcapacités dans l’industrie et sur le marché du travail empêchent l’inflation de se développer.
  • Les taux longs vont à nouveau baisser lorsque le marché s’apercevra que l’inflation va rester durablement basse.

Mes remarques

Je partage la plupart de ces arguments. Malgré la massive mise à disposition de liquidités, j’ai du mal à voir comment l’inflation pourrait être forte d’ici 2-3 ans. Les surcapacités, la concurrence toujours présente des émergents, le chômage, les baisses de salaires… compensent toute injection de liquidité.

Mon scénario économique

Le souci viendrait plutôt de l’endettement public, mais là encore, l’endettement est-il toujours synonyme d’inflation ? Le Japon est un contre-exemple : malgré une dette publique de près de 170% (contre 70% en Europe et aux Etats-Unis), l’inflation n’a jamais percé.

Je crois donc à une inflation très faible (0-2%) au cours des cinq prochaines années.

Quant à la déflation, je suis un grand admirateur de ce texte (Deflation, making sure « It » doesn’t happen here, qui synthétise pour moi toute l’ère Bernanke. Je crois fermement qu’une déflation hors de contrôle est impossible aux US, les moyens de jeter de l’argent par hélicoptère étant quasiment illimités. N’importe quelle politique fiscale peut inflater un actif particulier.  Cela n’exclut pas une baisse de certains actifs, comme les prix de l’immobilier, mais cela exclut toute spirale déflationniste.

Même si je privilégie en général les obligations à taux variable achetées en dessous du pair (ce qui les rend moins sensibles à une baisse des taux), ce scénario économique me conforte lorque j’achète des obligation à taux fixe ou zéro coupon. J’ai cependant du mal à aller au-delà de 8 ans sans grosse décote !

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi aller voir :
France-Inflation, le site le mieux documenté sur l’inflation en France et en Europe.
La déflation et les politiques monétaires, sur le blog de la déflation, par tropical bear.

Quel futur pour l’inflation ?



One Response to “Scénarios sur l’inflation”

  1. noname98 dit :

    Je partage aussi la plupart de ces arguments…

    Je me pose néanmoins des questions sur l’influence d’un nouveau facteur (qui je pense n’existait pas dans le passé) qui est la spéculation sur les matières premières (pétrole, terre agricole, etc.).

    Cette spéculation ne peut elle être à elle seul source d’inflation ?

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