Une obligation perpétuelle BFCM à Amsterdam
En fouillant sur Euronext Amsterdam à la recherche de bonnes opportunités pour mon compte Binck, je suis tombé sur la perpétuelle suivante :
- ISIN : XS0207764712
- Emetteur : Banque Fédérative du Crédit Mutuel
- Nominal : 1 EUR
- Quotité : 1000 (tous les ordres doivent être des multiples de 1000)
- Date d’émission : 3 décembre 2004
- Coupon : CMS 10 ans +0,10%, avec un plafond à 8%
- Intérêts : semestriels, les 15 juin et 15 décembre
- Call possible au pair le 15 décembre 2014 (et sans doute chaque année après, je n’ai pas pu confirmer)
Attention, les premiers taux étaient fixe, ne vous laissez pas leurrer par certains sites : c’est maintenant du variable.
L’obligation est subordonnée (assimilable au Tier 1, une sorte de quasi-fonds propres destiné à assurer le respect des ratios réglementaires). Le carnet d’ordres est bien rempli, on peut en acheter tout de suite si on est impatient, ou laisser traîner un ordre en carnet.
La page fininfo/Six Telekurs, et celle de la Bourse de Stuttgart.
Sans prospectus, on fait comme on peut
Je n’ai pas pu trouver le prospectus, mais en recoupant diverses infos à droite à gauche, en allemand ou néérlandais, j’en ai déduit les caractéristiques que je présente plus haut. Fininfo et Stuttgart sont d’accord pour dire que le prochain coupon (décembre) sera de 19,58 EUR, soit 3,916% du nominal sur une année pleine, ce qui est cohérent avec le CMS 10 ans récent.
Je n’aime pas acheter sans le prospectus, mais lorsque j’ai vu le cours, je me suis dit que… je suis prêt à prendre le risque sur les caractéristiques que je n’ai pas (notamment, clauses de non paiement du coupon) !
Historique du cours

Achetée autour de 50%, elle permet de toucher, rapporté à l’investissement, deux fois le taux à 10 ans !
En terme de risque, elle est un peu comparable à l’obligation « CATS » de Casino (sauf qu’une banque peut disparaître du jour au lendemain, étant plus propice à de grosses pertes instantanées), le genre de titres qui dérouille en cas de crise.
Tout comme CATS, elle cote autour de 50%, ce qui est une bonne chose : je préfère acheter 50% une obligation qui paye le taux 10 ans, que de payer le pair pour une obligation qui paye deux fois le taux 10 ans, c’est peut-être psychologique, mais je pense qu’une obligation a davantage de chances de reconverger vers le pair, que de partir vers 200% !
En outre, je ne sais pas si vous avez vu, mais quelques banques (dont Crédit Agricole par exemple) font des offres de rachat sur leurs titres subordonnées, puisqu’elles arrivent désormais à trouver des sources de financement moins onéreuses. Les offres ne sont pas des rachats au pair, mais proposent une prime appréciable sur le cours.
Conclusion
Etant prêt à risquer une partie de mon capital sur la BFCM, j’ai acheté ce titre perpétuel, au rendement de 8,5% sur le cours actuel. Il permet aussi de profiter d’une hausse des taux longs (et donc se couvrir contre une baisse des obligations à taux fixe que l’on peut avoir par ailleurs).
La possibilité de rachat donne un petit côté spéculatif qui n’était pas nécessaire, mais qui sera toujours le bienvenu au cas où
Mais il faudrait quand même que je trouve le prospectus…
Grâce aux formidables lecteurs de ce blog (Falco et Vengeur Masqué), voici le programme EMTN de la BFCM (les conditions « chapeau » aux émissions) et le pricing supplement, qui détaille les spécificités de l’obligation. Merci encore !
Merci pour cette nouvelle pépite
Elle paye EIISDA (10yr) + 10bp et c’est une perp call 2014 (15/12/2014) tier One sub notée BBB+ au nominal de 1000€
ON doit acheter 1000 obligations à 1euro qui rapporte 8% ? En fait je crois que j’ai rien compris, mais j’essaie
Elle est même mieux que CATS, car sa notation est BBB+ contre BBB-
J’ai le prospectus. Dis moi ou je peux l’envoyer / le poster si tu veux…
@rocodido
Déjà, tu ne dois pas, tu peux, mais personne ne t’oblige !
Oui, les ordres se font par multiples de 1000. Le prix est autour de 50%, donc si tu en achètes 1000, tu payes 500 EUR.
Le coupon est variable, supposons que le taux 10 ans soit 4%.
Sous ces hypothèses, tu achètes 500 EUR une oblig qui paye des coupons de 4%, d’où un rendement *sur ton cours d’achat* de 8% (mais sur le nominal, de 4%).
Dans les faits, il y a quelques détails de plus, mais l’idée principale est là.
Merci aux intervenants qui ont complété les infos !
Je suis content de voir l’intérêt suscité par le sujet
Uniquement dispo sur BinckBank ?
ps : j’ai le prospectus si tu m’envoies un mail je te l’envoie ainsi que celui que tu veux.
D’ailleurs j’ai une autre oblig interessante : XS0188935174
belle pépite: même en portant de la dette Tier1, on reste prioritaire par rapport à l état qui a apporté des fonds propres par le truchement d actions de préférences.Et cette banque mutualiste a besoin de ce type d instruments donc ne peut pas s amuser à ne pas payer les -dividendes- de l obligation Tier 1.
rappel des situations où le « dividende Tier1″ saute: absence de versement de dividende aux parts sociales (dans ce cas BFCM a le droit mais non l obligation de ne pas payer le Tier1), ou détérioration des ratios de capitalisation telle que l autorité de tutelle ordonne le non paiement du dividende.
Quant à l exercice du call il ne faut pas trop rêver: l absence de step up classifie ce deal comme « retail » avec une faible probabilité de rappel, d autant plus qu elle a été émise (et couverte) à des niveaux de financement tres interesant pour la bfcm
Merci pour toutes ces trouvailles et infos.
Cette obligation présente un réel intérêt pour les petits porteurs.
Facilité d’accès, possibilité d’acquérir des montants limités.
Toutefois le marché est assez étroit et les écarts de cours dans le carnet d’ordres sont importants (environ 6% aujourd’hui). Il convient donc de passer des ordres à cours limité.
Je n’oublie pas non plus que c’est une obligation sur le secteur bancaire.
La rentabilité de 8% rémunère (correctement) le risque. A titre de comparaison la Saint Gobain 8.25% 2014 offre un taux de rendement actuariel de l’ordre de 4.70%
Le secteur bancaire français est toujours sous pression…comme le rappelle le FMI aujourd’hui.
Et la fiscalité ?
C’est une obligation de statut fiscal « étranger » donc pas de prélèvement libératoire, donc les coupons seront déclarés dans les revenus imposables. Pas si intéressante que cela cette obligation…
Merci pour ce point, qui peut en effet potentiellement réduire l’intérêt de l’investissement.
Mais je crois comprendre que les coupons d’obligations néérlandaises sont éligibles au prélèvement libératoire :
Je vous invite à lire l’article 40 de la loi de finances rectificative 2004, point I. D :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=3AEDBB1D79E47D0C8712EF9C55D7DF77.tpdjo04v_1?cidTexte=JORFTEXT000000240757&dateTexte=20041231&categorieLien=id
cet article amende l’article 125A du code général des impôts pour rendre éligible au prélèvement libératoire les revenus en provenance de l’union européenne, afin d’assurer la liberté de circulation des capitaux.
Le 125 A à jour se trouve ici :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000020096607&idSectionTA=LEGISCTA000006197416&cidTexte=LEGITEXT000006069577&dateTexte=20090825
Ou, plus simplement, mais quand même un peu ambigu, expliqué ici :
http://doc.impots.gouv.fr/aida2009/brochures_ir2009/ud_026.html
Sur cette base, est-on d’accord ?
Si oui, reste à vérifier avec son courtier que le prélèvement libératoire est bien activé sur ces revenus !
@Robin des Bonds
Dans l’Offering circular, page 60, chapitre 7 « Taxation », il est écrit :
(a) The notes being issued, or being deemed to be issued, outside the Republic of France, payments in respect of the Notes will be made without withholding or deduction for, or on account for, taxes imposed by or on behalf of the Republic of France, or any taxing authority thereof.
Ce (a) me paraît limpide, ce qui n’est pas le cas du (b) et des alinéas suivants, auxquels j’avoue n’avoir rien compris.
J’interprète de la manière suivante la limpidité du (a) : les paiements seront faits sans retenues à la source. Qui effectue ces paiements ? Il suffit que l’organisme payeur ne soir pas établi en France pour échapper à l’article 125A du CGI français, même si le débiteur est établi en France. Dans ce cas il n’y a pas contradiction entre l’Offering circular et le CGI…
Reste à trouver qui est l’organisme payeur…à Londres ? à Luxembourg ?
Je ne crois pas que le courtier (qui sera forcément à Amsterdam, par exemple la banque Binck) qui pourrait acheter, pour le compte d’épargnants français, ces obligations, répondra à ce genre de question avant d’avoir réalisé l’opération…
Bon, tout ce que je comprends de ce (a), c’est que l’émetteur ne prélèvera rien de son propre chef au moment de payer les coupons.
L’offering circular indique que l’agent payeur est BNP Luxembourg pour le Luxembourg, et ABN pour les Pays Bas (l’oblig est cotée au Luxembourg et à Amsterdam). A priori, on l’a dans l’os pour le prélèvement libératoire…
Mais de quel agent payeur parle-t-on dans le CGI ? La retenue à la source est en général prélevée par l’intermédiaire financier, pas par la banque mandatée par l’émetteur pour verser des coupons. Si on parle de Binck Bank, la succursale française, c’est bon, ils sont habilités à prélever.
Je tâcherai de débrousailler cela auprès du centre des impôts, et d’avoir l’avis de Binck (au pire, j’attends le coupon, ca servira de test). Je posterai le résultat dans un nouveau message si ca aboutit.
Merci pour cette discussion intéressante.
Retour après une petite enquête :
- Binck dit procéder au prélèvement libératoire sur les obligations des sociétés ayant leur siège dans l’UE dès lors que le client a choisi cette option
- Mon centre des impôts confirme que les « revenus de source européenne » peuvent être soumis au PLF :
« L’option pour le prélèvement libératoire forfaitaire concerne les revenus distribués par les sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés ou d’un
impôt équivalent (que la société soit effectivement imposée ou qu’elle en soit
exonérée) ou soumises sur option à cet impôt, ayant leur siège dans un Etat de
la Communauté européenne ou dans un autre Etat ou territoire ayant conclu avec
la France une convention fiscale en vue d’éviter les doubles impositions en
matière d’impôt sur le revenu. »
Même si, à relire la réponse, j’ai peur qu’il y ait confusion entre dividende et coupon obligataire…
Je tiendrai le blog au courant si je me fais redresser
Bizarre,
Quand on fait défiler les obligs sur fininfo, on ne la trouve pas (que l’on prenne oblig secteur privé français ou oblig françaises émises à l’étranger). Et pourtant, il y a une page fininfo …
Comment avoir la liste exhaustive des obligs cotées ?
La liste exhaustive « officielle » des obligs cotées sur une place boursière est disponible sur le site de la place boursière en question. Fininfo est un peu léger sur les françaises émises à l’étranger.
J’ai détaillé la méthode pour récupérer la liste des obligations d’Euronext :
http://www.oblig.fr/2009/09/methode-trouver-obligations-interessantes/
Pour info, l’evolution des CMS (entre autres) sur le site DEXIA, document à télécharger WEEKLY -> http://www.dexia.be/Fr/Particulier/SparenBeleggenEpargnerInvestir/financialnews/SBPublications/Weekly/index.htm
Mias le coupon n’est pas garanti…
J’ai pose la question a ING et attend une reponse de leur service…je vous tiens de leur reponse
Bonjour,
J’ai le prospectus (en anglais) si vous êtes toujours intéressé vous pouvez m’envoyer un email je vous l’adresserais en retour.