Après le précédent article sur le problème des OPCVM obligataires … voici les avantages des OPCVM obligataires !
1. La diversification en une transaction
On passe un ordre, et on diversifie le risque de crédit sur plusieurs dizaines d’émetteurs, chose impossible à faire en direct. Or, si l’on croit en la théorie du marché efficient et au CAPM (MEDAF en français), pour être rémunéré pour son risque, il faut acheter tout un segment de marché, sans quoi, on n’est pas assez rémunéré à hauteur du risque pris.
2. L’accès au marché pour n’importe quel montant
La plupart des OPCVM peuvent être achetés à partir de 100 EUR, parfois moins. Si l’on souhaite adopter une allocation d’actifs « top down », les OPCVM permettent de s’exposer au marché (et de rebalancer régulièrement) pour le montant désiré aussi petit soit-il, avec des frais d’entrée en pourcentage (parfois 0%) ce qui évite l’effet de seuil causé par un minimum de courtage.
3. L’accès au marché primaire
A part des cas particuliers (banques de réseau, EDF), les émetteurs préfèrent s’adresser à des gros acheteurs, qui distribueront les titres chez les acheteurs finaux. Une société de gestion a des contacts privilégiés avec les originateurs obligataires (les banques qui gèrent les émissions), et a accès au marché primaire. Parfois même, le primaire se traite avec une prime (pour que le volume soit correctement absorbé), ce qui permet aux fonds de réaliser un gain dès la première cotation, dont les porteurs profitent.
4. L’accès des marchés difficiles
Les investisseurs particulirs le savent bien : il est frustrant de voir que toutes les bonnes émissions sont cotées au Luxembourg, avec des tickets minimaux de 50 000 EUR. Pour un fonds, cela ne pose aucun problème. Et même, la place de cotation importe peu, puisque les transactions se font la plupart du temps de gré à gré. Enfin, pour l’accès aux marchés étrangers ou lointains, un OPCVM demeure le moyen le plus adapté.
5. Une liquidité garantie
Les OPCVM permettent aux porteurs de désinvestir totalement en une journée, même si tous les titres du portefeuilles ne sont pas liquides. D’une part parce que les fonds comportent toujours des liquidités pour faire face aux rachats, et d’autre part parce que les sorties peuvent être compensées par l’entrée de nouveaux investisseurs : la sortie nette pour le fonds (et le besoin de liquidité) est alors plus faible.
(dans des circonstances exceptionnelles, la société de gestion peut geler les sorties des fonds. Cela s’est déjà produit, mais dans des cas où un investisseur en direct ne serait pas mieux loti)
5. Des frais de transaction plus faibles
Les fonds traitent sur le marché, mais surtout via des brokers spécialisés, qui identifient les parties acheteuses et vendeuses pour les mettre en contact. Les frais d’intermédiation sont en général bien plus faibles que ceux qu’un particulier pourrait avoir.
6. Des économies d’échelle sur la recherche et la gestion
Une société de gestion fonctionne avec des gérants et des analyses (« buy-side »). Les brokers avec qui elle travaille ont aussi des analystes (« sell-side »). Toute cette recherche, les systèmes d’information Reuters, Bloomberg, nécessaires au suivi du marché, ont un coût important en argent, en temps et en compétences, qu’il est rationnel de mutualiser. Un OPCVM répond parfaitement à ce besoin, tout en étant soumis à des ratios réglementaires de risque et à un contrôle externe.
7. Une fiscalité intéressante
La plupart des OPCVM capitalisent les coupons : ils ne sont pas distribués aux porteurs au fur et à mesure des détachements, mais restent dans le fonds, et sont réinvestis. La fiscalité est donc plus intéressante, pusiqu’entièrement en plus-value et non en revenus de titres, ce qui permet de composer les intérêts plus rapidement. Cependant, les fonds peuvent être dans certains cas soumis à une retenue à la source sur les coupons qu’ils encaissent, qu’ils doivent récupérer via des tracasseries administratives.
8. L’accès à des stratégies de gestion évoluées
Les gérants d’OPCVM ont accès à des multiples instruments (CDS, swap, futures), qui leur permettent de calibrer précisément le portefeuille sur les risques qu’ils souhaitent prendre. Pour un particulier, c’est impensable. Il ne s’agit pas forcément de choses très complexes : il peut par exemple s’agir de couvrir le risque de change.
9. Une duration fixe
Un fonds a généralement un objectif de gestion bien défini dans le prospectus, dont il ne peut dévier que de façon mesurée.
Cet objectif mentionne en général la durée de vie moyenne des obligations en portefeuille : si elle est par exemple de 10 ans, le gérant achètera des obligations à 11 ans, les revendra dans 2 ans lorsqu’elles n’auront plus que 9 ans à vivre, et rachètera des obligations à 10 ans. Ce n’est pas le même objectif qu’avec une obligation en direct, mais cela peut être intéressant pour se constituer une allocation d’actifs « cible », du type « 30% obligations, 70% actions », avec rebalancements réguliers : on reste sur le même support.
En conclusion ?
A titre personnel, je préfère toujours acheter mes obligations moi-même et contrôler mon portefeuille. Mais les OPCVM obligataires ont des atouts avec lesquels je ne pourrais jamais rivaliser. J’ai par exemple déjà acheté un OPCVM pour « sauter » rapidement dans le marché high yield lorsque les spreads de crédit sont très importants : cela permet d’acheter un portefeuille clés en main, déjà constitué, dont on sait que les spreads sont larges.
Certains gérants obligataires méritent un peu de publicité, je pense notamment à ceux du fonds CAAM Obligations Internationales, créé en 1980, et qui a eu jusqu’à présent un parcours remarquable ! Les gérants se donnent le droit de fortement dévier de leur indice de référence, et prennent des paris sur la duration, la courbe des taux, et les devsies.
Un mini-hedge fund fixed income caché dans une vieille SICAV bancaire française !
NB : cet article n’est absolument pas sponsorisé par CAAM, et les performances passées de ce font ne présagent pas des performances futures.
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En ce qui me concerne, je comprends mal que l’ont puisse acheter des fonds en euros qui nous répliquent, dans bien des cas avec des frais conséquents,des obligations que l’on peut trouver sur le marché en achat direct avec des frais bien moindres. L’écart en % semble, pour moi, se situer entre 1,5 et 3%. Je n’ai jamais fait de calcul exact.
Cela demande évidemment de connaitre la Bourse et de suivre un minimum les marchés, et de ne pas se caller sur seulement une ou deux obligations pour limiter les risques surtout si les spreads sont élevés.