Le titre participatif Diac
Le titre participatif Renault a un petit frère. Nettement moins médiatisé, beaucoup moins liquide, il a néanmoins des aspects intéressants.
La DIAC, c’est quoi ?
La DIAC est la fililale de financement de Renault. Filiale à 100% de RCI Banque, elle-même filiale à 100% de Renault, elle a le statut d’établissement de crédit, et propose des financements aux acheteurs de véhicules Renault et Nissan en France. Le TP DIAC a été émis un an après les TP Renault, à l’époque où la régie Renault était encore publique.
Caractéristiques du titre participatif
- Nominal : 1000 F, soit 152,45 EUR
- Date d’émission : Mars 1985
- Taux : voir plus bas, payés annuellement les 1er octobre
- Nombre de titre émis : 500 000
- Nombre de titres encore en vie : 69 769
- Code ISIN : FR0000047821
Cotation au double fixing (11h30, 16h30), et, comme tous les TP, pas de notion de coupon couru, on cote à la pièce, en Euros.
Les liens habituels : page Boursorama, page Euronext. Le titre est tellement oublié que Fininfo ne le référence pas.
La rémunération des titres participatifs DIAC
Mise à jour : Florent, un généreux lecteur, m’a fait parvenir le prospectus. Le voici en pdf, tout droit issu des années 80: Prospectus du TP DIAC.
Je n’ai pas pu mettre la main sur le prospectus. Le rapport d’activité du premier semestre 2009 de DIAC (lien pdf) donne également le détail de la rémunéraiton :
La rémunération des titres participatifs émis en 1985 par DIAC comprend une partie fixe égale au TAM (Taux annuel monétaire) et une partie variable obtenue en appliquant à 40 % du TAM le taux de progression du résultat net consolidé du groupe DIAC de l’exercice par rapport à celui de l’exercice précédent.
Le TAM peut être trouvé auprès de la Banque de France, mais ce n’est pas tant le taux variable qui nous intéresse…
Simple oubli ou omission délibérée, ce rapport oublie un détail important, que l’on trouve par exemple sur le BALO (lien pdf), qui rajoute la ligne suivante :
La rémunération annuelle est comprise entre 100 % et 130 % du TAM, et est assortie d’un taux plancher de 6,5 %.
Ce qui nous garantit donc un coupon minimum de 9,91 EUR, les taux monétaires étant bien inférieurs, on peut même faire ses calculs en utilisant ce montant à perpétuité, c’est une hypothèse conservatrice.
Vers une sortie de la cote ?
D’après les annonces Euronext (pdf), après avoir racheté plus de 80% de l’encours de 2002, la DIAC a racheté et annulé plus de 80% de l’encours de TP en vie au cours de l’été 2008. L’encours actuel n’est plus que de 9 M EUR, on peut s’interroger sur la pertinence d’une telle cotation. La charge d’intérêt pour DIAC ne s’élève qu’à 700 000 EUR par an, une goutte d’eau comparé à la taille du bilan, et DIAC a remonté 127 millions d’Euros de dividendes à Renault au premier semestre 2009.
Ma conclusion
Le risque de défaut existe bel et bien : c’est du risque Renault. Diac est noté BBB- (cf annonce S&P en pdf) et Renault est BB. Néanmoins, comme c’est un TP et non une subordonnée, il n’y a pas de clause permettant de zapper ou de reporter un coupon au bon vouloir de l’émetteur.
Cependant, je trouve que c’est un moyen intéressant de diversifier encore et toujours pour atteindre le 8% brut dans son portefeuille (à 123 EUR on y est), avec en bonus une volonté de sortie de la cote de l’actionnaire principal, cette volonté pouvant être transformée en acte lorsque Renault retrouvera du financement.
Le titre est très illiquide, mais si on aime jouer au fixing, un déséquilibre du carnet peut créer une opportunité.

J’adore ce genre de titre.
- Renault ne tombera jamais. Au pire, on peut craindre une conversion de l’oblig en action lors d’une éventuelle recapitalisation étatique lors d’une éventuelle faillite.
- 8% de Rdt, c’est du perpétuel de BBB, rien de spécial.
- UN rdt d’état a 2% contre une perpét à 8%. Il faut 10 ans et demi sans incident, pour que l’investissement « risqué » devienne totalement gratuit et une « rente à vie gratuite ».
- Donc j’adore ce genre de placement. A une condition : il ne faut pas avoir besoin de vendre dans les 10 prochaines années. Ce genre de truc illiquide peut valoir 10% et rapporter du 37% de TRI lors de période de krach.
A garder en très très fond de portif.
Encore un excellent billet circonstancié, bravo, mais je n’arrive pas à partager votre enthousiasme, alors qu’il est possible d’avoir un RDT 7,5% sur France Telecom, par exemple.
France Telecom est liquide, versera tjs son dividende pour faire plaisir à son actionnaire principal et sa dette à un rating A-.
Oui, encore un très bon exposé, un grand MERCI !
France Telecom est une action dont le niveau de dividende futur n’est absolument pas garanti. En cas de revers de fortune, il peut tout bonnement être amoindri ou supprimé. Les flux futurs d’une obligation sont eux garantis.
Par ailleurs, la place d’une action dans un portefeuille est différente qu’une obligation (risque/rendement).
Je ne sais donc pas si nous pouvons comparer les actions et obligations ici ???
A titre perso, j’ai un portefeuille réparti entre actions (plutôt grosses capi de rendement, actuellement, Unibail, Total, Veolia, Vinci, Rallye…) et obligations : je ne les oppose pas !
En plus de cela, la fiscalité est plus intéressante sur les dividendes (petit crédit d’impôt, mais surtout abattements importants), et la liquidité bien meilleure sur les actions.
Je n’ai rien contre les actions, mais j’ai choisi d’axer ce blog sur les obligations
Je pense aussi que la re-réglementation de l’économie, avec le retour de l’interventionnisme d’Etat pourrait pousser vers une plus grande protection des obligataires au détriment des actionnaires dans les cas « too big to fail ». C’est intéressant de se positionner sur les deux classes d’actifs.
Mes sources pour les actions sont surtout :
http://rendement.ods.org/ (utile pour avoir une idée du rendement instantané)
et le blog de Fabrice : http://www.investisseurheureux.com
Je pense qu’on est entre gens sérieux, et qu’on n’a pas à les opposer, simplement utiliser les titres au mieux de nos intérêts !
J’adoube dans le sens de la généralité.
Moi aussi globalement je suis « sur investi » aujourd’hui, par rapport à mon historique, sur les actions a rendement par rapport aux oblig.
Le couple « rdt/risque » sur des actions à dividende (FT, Vivendi, Pages jaunes, caisse régionale CA, M6…) me parait favorable a ces actions.