Au début de l’année, je vous avais parlé de la création d’une place de marché obligataire à Paris, au service des émetteurs comme des investisseurs.
Le « Comité Cassiopée », chargé d’organiser tout cela, a lancé un appel d’offre et deux réponses sont arrivées :
- Le projet Galaxy, de Trading Screen
- Le projet de Nyse Euronext
Voici les points que j’ai notés pour chaque proposition (ils ne font que répondre aux 18 recommandations de l’appel d’offres).
La plate-forme Galaxy de Trading Screen :
- uniquement pour les obligations déjà liquides, avec des souches de 500 M EUR minimum
- ouverture de 9h à 17h30
- ordre limite, au prix du marché, ou « fill or kill » (exécution immédiate si possible, sinon annulation)
- cotation en prix mais publication du spread par rapport au benchmark
- ouverture prévue fin décembre 2010
La plate-forme Euronext :
- cotations de 9h à 18h
- ordre limite, au prix du marché, tout ou rien
- cotations en prix mais affichage informatif du spread
- passage d’ordre directement en spread possible ultérieurement
- ouverture prévue fin janvier 2011
Les réponses à l’appel d’offres et les remarques du comité Cassiopée sont disponibles sur le site du Comité.
Les deux plates-formes précisent néanmoins qu’elles ne sont pas un lieu de cotation primaire : elles ne font qu’améliorer la liquidité sur des souches déjà cotées ailleurs (pas forcément sur Euronext d’ailleurs).
On va dans le bon sens, on voit la réapparition de l’ordre tout ou rien et le passage d’ordre en spread seraient intéressants.
Ce sera un marché pour professionnels, mais cela pourra avoir un impact sur la liquidité chez les courtiers « retail » : extrait de l’appel d’offres :
Il s’agit donc bien, a priori, d’un marché entre professionnels, ceci n’étant naturellement pas
un obstacle à ce que, le cas échéant, l’un de ces professionnels passe sur ce marché tout ou
partie des ordres qu’il centraliserait pour le compte de sa clientèle « retail ».
Christine Lagarde se félicite de la volonté d’ouvrir des plates-formes, Euronext se félicite d’avoir été premier à répondre, et Slate déprime sur le destin de la place boursière de Paris, reléguée au rang de petite annexe des places anglo-saxonnes.
La Bourse du Luxembourg ne commente pas. Pour mémoire, le Luxembourg héberge la plupart des émissions en Euro, surtout les Françaises (j’avais mentionné la raison).
La Bourse du Luxembourg a créé en 2007 un partenariat avec Euronext, Luxnext, qui ne sert pas à grand chose.
De là à dire que ces initiatives ne serviront pas à grand chose…
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De mieux en mieux la présentation de ce site !!!!
Robin un article sympa :
http://mobile.bloomberg.com/apps/news?pid=2065100&sid=aMx6.a8ai2jI
Jeff
Merci
Je profite de l’été pour faire des essais !
Hello,
Encore félicitations pour le blog pas mal du tout, agrémenté d’informations fouillées, précises et en général assez complet ainsi que correct.
Concernant la plate-forme commune pour les obligations, ce projet est dans les boites depuis très très longtemps mais le problème c’est que les marché secondaire des obligations est immensément plus grand que celui des actions (bien que la majorité des investisseurs non-professionnels l’ignore ou l’oublie)ainsi que bcp trop diversifié pour le rassembler.
Rien que les produits structurés par exemple que chaque banque émet de son côté justifieraient sans problème la mise sur pied de 2-3 « bourses » de marché secondaire, cependant une telle opération engendre tant de complications et de frais. J’en ai traitées un peu en salle de marché en tant que professionnel et je me rappelle que par exemple UBS n’a pas réellement de système mondial pour tous les produits structurés fait maisons (donc un trader UBS de Londres peut très bien ne jamais avoir accès ni retrouver voire même être dans l’impossibilité de traiter un titre mis sur le marché par un autre desk d’UBS ailleurs dans le monde).
Les Allemands (Deutsche Börse) rejoints par les Suisses avaient lancé une plate-forme d’échanges des produits structurés y a 3-4 ans, bien que pratique le succès n’est pas encore au rendez vous…pourtant le potentiel de croissance reste énorme. Petite visite utile tout de même si vous avez un titre d’origine allemande ou suisse sur
http://www.scoach.ch/FR/Showpage.aspx?pageID=8
Bref, même pour les pros traiter ces titres au marché secondaire, et ce quelle que soit la quantité, relève parfois du parcours du combattant. Belle idée donc mais pas trop convaincu d’avoir enfin une solution éfficace à court ou moyen terme surtout si ça reste encore limité à un niveau national.

A++
belle présentation du site. merci et bravo, continuez.
bon les particuliers seront exclus de ces marches! génial, on a le droit aux effets de levier démentiel sur les CFD et le FOREX !!! tandis que le marche secondaire des obligations…
heureusement qu’il y a Amsterdam. J’attends toujours un accès sur luxnet.
La plateforme ne sera qu’un centralisateur et marieur d’ordre (et Back Office). Des sociétés comme Boursorama ou Fortunéo pourront, moyennant un développement, accéder à cette plateforme via leur propre interface et proposer à ses clients de traiter en direct des obligations.
Les participants à cette plateforme seront les grandes banques et les sociétés de gestion. La multiplicité des souches obligataires rend les rencontres acheteur-vendeur difficiles. Cette plateforme a été pensée pour être un lieu de rencontre.
Pour avoir traité pas mal de produits structurés et d’obligations pour des clients instits, profs et private, je pense que pour bcp de trades la liquidité en obligations est le principal problème technique.
L’homme ne sera jamais remplacé par la machine puisqu’il faut souvent appeler la contre-partie et ajuster les prix d’offre et demande pour avoir un deal. Conclusion : il suffit encore d’avoir un terminal Bloomberg et un bon téléphone pour faire ses meilleurs deals en obligations.