Comment acheter des obligations d’entreprise

By Robin des Bonds, 6 juin 2009

La presse financière relate les émissions obligataires de Lafarge, Saint-Gobain,  Autoroutes du Sud de la France, EDF, Suez… avec des taux souvent au-delà de 5%, au-dessus du taux des fonds en Euros, et bien au-dessus du Livret A.

Comment accéder à ces obligations ?

Voici l’éventail des solutions pour souscrire aux obligations d’entreprise.

Souscrire sur le marché primaire en direct

Sur le marché primaire, l’entreprise s’adresse directement aux investisseurs. En pratique, il est extrêmement coûteux pour un émetteur d’obligations de proposer des obligations via les réseaux bancaires. Les conseillers clientèle doivent être formés, commissionnés sur les ventes, la documentation (prospectus et avis d’émission) doivent être adaptés au grand public… Beaucoup d’entreprises refusent les coûtsassociés à une telle distribution.

Outre les réseaux bancaires, les réseaux de Conseillers en Gestion de Patrimoine proposent parfois de telles offres à leurs clients. Ils les réservent à leur clientèle fortunée, compte tenu des coûts fixes associés, et de la nécessaire diversification : les nominaux standard sur le marché obligataires sont de l’ordre de 50.000 EUR.

Dans la grande majorité des cas, les obligations sont destinées aux institutionnels, et les investisseurs particuliers ne peuvent que lire les communiqués de presse ( »rapidement sursouscrite » revient souvent !)  et se sentir frustrés en regardant les taux.

Souscrire sur le marché primaire via une assurance-vie

Les assureurs proposent de plus en plus ce type d’obligations (voir l’article sur le sujet : des obligations dans les assurances-vie).  Elles sont alors intégrées dans le contrat sous forme d’unités de compte, tout comme les parts d’OPCVM que l’on peut souscrire aux côtés du fonds en Euro. Les assureurs-vie achètent alors en gros sur le marché primaire, et revendent au détail. Ils y trouvent beaucoup d’avantages :

  • une commission de distribution de la part des émetteurs
  • ils n’ont pas à proposer une garantie du capital comme ils doivent le faire lorsque l’on investit sur le fonds en Euros
  • ils ont l’occasion de faire beaucoup de communication sur ces offres
  • ils peuvent imposer des critères d’investissement commercialement intéressants (minimums de souscription par exemple)

L’investisseur y gagne sur les aspects :

  • fiscaux : la fiscalité de l’assurance-vie est plus avantageuse que celle des obligations en direct, y compris après frais
  • pratiques : on souscrit des unités de compte et pas des obligations, on peut ajuster plus finement les montants
  • patrimoniaux : on continue à bénéficier des avantages de l’assurance-vie en matière de transmission, nantissement, etc.

L’offre de telles assurances-vie est actuellement rare, mais en croissance forte. Même si les offres sont sur une période limitée, n’hésitez pas à faire un « tour du web » pour comparer les offres : les frais et les minimums de souscription ne sont pas les mêmes partout.

Acheter sur le marché secondaire

Le maché  des obligations est très actif entre institutionnels, qui s’échangent de gré à gré des « blocs » de plusieurs millions d’euros d’obligations, et assez peu actif  sur les marchés boursiers cotés comme Euronext. Sur Euronext, on ne récupère que les miettes !

Cependant, cette faible activité, et le désintérêt global de la communauté des investisseurs permettent à qui prend la peine de dénicher des véritables pépites, et d’acquérir avec une décote ce qui se traitait au prix fort lorsque cela faisait les gros titres de la presse, améliorant d’autant le rendement.

Il convient d’abord d’ouvrir un compte-titres  (voir ma sélection de brokers sur le marché obligataire), de sélectionner une série d’obligations intéressantes, et d’attendre qu’elles se présentent à un prix correct. Selon les cas, cela peut arriver tous les jours comme une fois par an. Peut alors arriver à des rendement 1 à 2% supérieurs que ce qui est proposé sur le marché primaire. L’absence de liquidité sur le marché secondaire n’est pas un problème si l’on a défini correctement sa durée d’investisement, et si l’on choisit de détenir l’obligation jusqu’à son remboursement.

Le blog-oblig relate dans sa partie « blog » les opportunités d’investissement sur le marché secondaire. Restez informé !

Voilà ! Vous savez désormais comment souscrire des obligations d’entreprise sur le marché primaire, et en acheter sur le marché secondaire.



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