PCAS : high yield sur Euronext Paris
PCAS est une petite société (env. 40 MEUR de capi, 1000 salariés) qui conçoit et fabrique des produits chimiques à destination de la pharmacie, des cosmétiques ou de l’industrie.
La société est détenue à 67% par Dynaction, autre petite société (26 M EUR de capi) cotée sur Euronext Paris.
J’ai commencé à m’intéresser à PCAS en 2002, alors que l’on parlait d’un rachat/fusion avec la maison-mère. J’ai bien fait de ne pas m’entêter : aujourd’hui, c’est au point mort !
En 2007, PCAS a émis une obligation dont les caractéristiques sont :
- Date d’émission : 22/06/2007
- Date d’échéance : 31/12/2012
- Nominal : 600 EUR
- Prime de remboursement : 1% (remboursement à 606 EUR + intérêt)
- Taux : 5,25%, soit 7,88 EUR par trimestre (1,3125% du nominal)
- Périodicité : Trimestrielle (derniers jours de mars, juin, septembre, décembre)
- Code ISIN : FR0010480707 (Euronext Paris)
- Cotation : en % du nominal
- Nombre d’obligations : 30 000 (soit 18 M EUR de nominal)
Voici la page Telekurs/Fininfo, Boursorama, Euronext, le document d’émission en pdf, et le communiqué qui donne les détails définitifs.
Les sites de PCAS et Dynaction.
Il s’agit d’une OBSAR : l’obligation était assortie de bons de souscription. Les bons de souscription sont une forme d’augmentation de capital différée, et, dans le contexte des émissions, forment un petit cadeau supplémentaire qui permet à la société d’obtenir un taux d’intérêt plus faible.
Aujourd’hui, ca ne change rien : on peut la considérer comme une obligation classique.
Le scénario idéal :
| Date | Flux (% du nominal) |
| 14/12/09 | -66 |
| 31/12/09 | 1,31 |
| 31/03/10 | 1,31 |
| 30/06/09 | 1,31 |
| 30/09/10 | 1,31 |
| 31/12/10 | 1,31 |
| 31/03/11 | 1,31 |
| 30/06/11 | 1,31 |
| 31/09/11 | 1,31 |
| 31/12/11 | 1,31 |
| 31/03/12 | 1,31 |
| 30/06/12 | 1,31 |
| 31/09/12 | 1,31 |
| 31/12/12 | 102,31 |
| TRI | 23,2% |
Crise oblige, le rendement demandé par les investisseurs a fortement augmenté. Aujourd’hui, l’obligation affiche un TRI de plus de 20% !
Historique de cours

La liquidité est correcte mais sans plus. Mais bon, si on investit, c’est pour aller jusqu’au bout de l’histoire.
Le document d’émission prévoit des clauses de remboursement anticipé, notamment un changement de contrôle (une fusion PCAS/Dynaction n’est pas un changement de contrôle). Même si cela est peu probable, cela peut être un bonus pour les obligataires si Dynaction décide ou est contraint de se séparer de son actif. Pour un investisseurs tiers intéressé par PCAS, la société « coûte » donc sa capitalisation boursière + la dette.
Le risque est fort, très fort
Les charges financières de PCAS représentent environ 4,5 M EUR par an.
Le cash flow en année normale arrive tout juste à les payer. En 2009 c’est évidemment plus mauvais (résultat opérationnel négatif ou tout juste à l’équilibre).
Il est difficile de voir comment la société pourra d’ici fin 2012 générer 18 millions d’Euros pour rembourser les obligations. Alors certes, il y a une restructuration en cours, certes, on peut couper dans la R&D… Mais ce ne sont pas des solutions saines. Si le marché du crédit se réouvre aux PME, il y aura toujours la solution de faire comme les Etats : réémettre pour rembourser !
Mais les actifs valent quelque chose
Je vous invite à lire l’analye des copains les Chasseurs de Daubasses, et à décortiquer le rapport annuel.
Conclusion
Ce n’est certainement pas un investissement, c’est une spéculation sur une opération qui permettra le remboursement.
Les solutions les moins douloureuses (nouvelle émission, augmentation de capital via les BS ou « forcée ») permettraient une sortie honorable en 2012. Si le cours monte assez, les BS seront exercés, ce qui diluera les actionnaires et fera rentrer de l’argent.
Sinon, la liquidation permettra de révéler la « vraie valeur ». Ca pourra être l’occasion de se faire de l’expérience sur le processus de liquidation (et des choses à partager sur le blog).
La société étant cotée on a régulièrement des infos, ce qui est un point positif.
J’hésite un peu, je n’ai jamais rien acheté à 20% de rendement (et jamais subi de défaut non plus…). La perspective de serrer les fesses pendant trois ans ne m’enchante guère, mais quand on est payé pour, ca passe mieux.
Hum…
Vous avez déjà acheté du très haut rendement de ce genre ?
