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Programme de rentrée : calculer un TRI et diverses obligs

By Robin des Bonds, 28 septembre 2009

Je reviens de vacanes : une semaine sans écran, c’était super. La météo prévoit un bel automne, ca va encore me donner envie de rester loin des écrans…

Toujours un ennui mortel sur le marché obligataire, les blogs d’analyse technique sur actions ont, eux, toujours quelque chose à dire :) Alors quand on ne fait rien sur le marché, il faut consolider ses bases.

J’ai commencé une série sur le TRI, le taux de rendement interne. C’est de l’initiation, mais c’est une demande récurrente que je reçois. J’ai rangé ca dans la partie « statique » du site, histoire que ca serve de référence. J’essaye de donner une approche intuitive plutôt que de copier/coller un cours.

C’est un article en trois parties :

Sinon ?

  • La région du Pays de Loire lance un emprunt obligataire, mais à 4% sur 6 ans, pas vraiment de quoi s’enthousiasmer… Mais comme ils disent, on ne fait pas ca pour l’argent, mais pour « agir contre la crise et pour l’emploi ». Après l’emprunt EDF, un deuxième ballon-sonde avant le « Grand Emprunt Sarkozy » ?
  • Dans ce communiqué de presse (lien pdf), Prodware annonce la prolongation de la période de souscription de son emprunt. On peut dire que ca ne suscite pas un enthousiasme délirant. Il y a des limites à la recherche de rendement.
  • Ausy s’y met aussi (communiqué). Ausy est une petite SSII, de 50 M EUR de capitalisation boursière. Son emprunt est un OBSAAR, une obligation avec des bons de soucription attachés. Pour une entreprise de cette taille, c’est plutôt un pari sur l’action qu’un investissement obligataire. C’est ouvert jusqu’au 9 octobre si cela vous intéresse.
  • La loi de finances 2010 prévoit d’abandonner le concept de seuil de cessions pour les prélèvements sociaux (les 12,1%). Mais pas pour les impôts sur la plus-value (les 18%). Mauvaise nouvelle pour les investisseurs passifs et/ou avec un petit portefeuille. Autant supprimer carrément le concept de seuil de cessions, ca sera plus simple à gérer !

Bref, pas très enthousiasmant le marché oblig en ce moment !

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Faut-il souscrire à l’obligation EDF 4,5% 2014 ? Non.

By Robin des Bonds, 31 mai 2009

Mise à jour : vous pouvez aussi aller voir l’article : La cotation de l’obligation EDF a débuté

EDF propose aux particuliers de lui prêter de l’argent. Ce genre de procédé n’avait pas été vu depuis l’ »Emprunt Balladur » de 1993, et a donc été fortement médiatisé. Est-ce une bonne affaire ?

La conclusion de mon analyse est que le taux proposé est intéressant par rapport aux placements court terme, mais pas par rapport aux placements long terme comme l’assurance vie. La fiscalité des obligations, plus défavorable que celle de l’assurance-vie, rend l’emprunt EDF peu attractif lorsque l’on regarde le taux après impôt.

Voici l’analyse détaillée :

Caractéristiques de l’obligation EDF 4,5% 2014

  • ISIN: FR0010758888
  • Echéance : 17 juillet 2014
  • Taux : 4,5%
  • Périodicité des coupons : annuelle
  • Nominal : 1000 EUR
  • Notation : A+ chez Standard and Poor’s, Aa3 chez Moody’s
  • Souscription possible dans toute banque pendant la période de souscription, achat possible sur le marché secondaire d’Euronext ensuite.

Peu de risque d’insolvabilité

Tout d’abord, le plus important : le risque de solvabilité. Car si une entreprise ne peut plus rembourser ses dettes, eh bien, on perd une grande partie du capital investi : les investisseurs obligataires sont aussi là pour assumer une part de risque !
Pour EDF, le risque de non remboursement est très faible, étant donné que l’Etat est toujours actionnaire à 84% d’EDF. Cela ne vaut pas une garantie d’Etat explicite, mais c’est au moins un facteur de confiance.

Cependant, cette dette s’ajoute au 25 milliards de dettes déjà existantes, qui ont servi notamment à financer des acquisitions contreversées au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Le marché prête de moins en moins facilement à EDF, c’est pourquoi la société se tourne vers les particuliers pour éviter une « saturation » des institutionnels.
La question est de savoir s’il faut s’estimer heureux avec 4,5%.

Un taux intéressant

4,5% me semble un taux intéressant compte tenu :

  • de la durée de 5 ans (les obligations d’Etat à 5 ans rapportent 2,90%)
  • du risque de l’émetteur
  • des emprunts EDF déjà existants sur le marché secondaire (les obligations émises les années précédents)
  • du taux qu’EDF paierait à des institutionnels (caisses de retraites, fonds…) : plutôt 4,3%

C’est un bon taux compte tenu du risque de crédit d’EDF. EDF donne donc un « coup de pouce » pour les particuliers, alors qu’il n’y était pas obligé : cette opération est aussi une opération de communication, dans la lignée de sa campagne de pub actuelle.

Mais une fiscalité défavorable

EDF compare son rendement (4,5%) avec les taux du livret A (1,75% en ce moment), mais il ne faut pas oublier que le taux du livret A est net d’impôt, et s’ajuste dans le temps à l’inflation. En outre, contrairement au Livret A, les coupons de 45 EUR que vous percevez annuellement seront amputés de la fiscalité ! Si bien que, selon votre tranche d’imposition, vous ne toucherez que 39,60 EUR (dans le meilleur des cas) ou 31,40 EUR (dans le cas le plus défavorable), soit un rendement qui tombe à 3,96%/an, ou 3,14%/an.

Des coûts associés qui peuvent être pénalisants

Autre point important : les conseillers bancaires vont s’empresser de proposer les obligations EDF sans frais de souscription, mais  sans toujours préciser qu’il faut, pour les loger… un compte titres ! Impossible de loger des produits financiers comme les obligations sur un compte courant.

Selon les banques, le coût annuel d’un compte titres peut aller de 0 à une centaine d’Euros… Est-ce que cela vaut vraiment le coût si l’on achète que peu d’obligations ? En revanche, si vous possédez déjà des actions, obligations, ou SICAV, l’obligation EDF peut cohabiter sans problème avec ceux-ci. Vous évitez de payer les frais du compte-titres.

Les points négatifs sont donc :

  • le taux tombe à 3,14% ou 3,96% après impôt
  • le rendement n’est pas indexé sur l’inflation comme le livret A : si l’inflation décolle, 4,5% paraîtront bien pauvres, et le marché secondaire se traitera avec une décote
  • EDF peut lancer une mode avec ce type d’emprunts. Peut-être que d’autres entreprises tout aussi solvables proposeront des taux plus intéressants, il serait alors dommage d’avoir immobilisé de l’argent avec EDF : il faudrait vendre sur le marché secondaire (ce que la banque facturera, bien sûr !) si l’on veut profiter des autres opportunités.
  • si la solvabilité d’EDF apparaît moins forte, le marché secondaire se traitera avec une décote. Les investisseurs qui vendent en cours de route pourront réaliser une perte si personne ne veut plus payer le prix d’origine.

Conclusion ? Préférez une assurance-vie

Placez plutôt votre argent sur une assurance-vie à un taux autour de 4%, et attendez de voir le marché secondaire de cette obligation.

Avec un peu de chance, vous pourrez les racheter moins cher, car il y a toujours des déçus, des clients trompés par leur conseiller, qui chercheront à s’en débarrasser, et qui seront heureux de trouver un acheteur de seconde main. Et si l’opportunité ne se présente pas, vous serez resté sur une assurance vie à 4%.

Si l’on prend en compte l’impôt et les frais, mieux vaut toucher 4% sur une assurance vie (garantie à hauteur de 70.000 EUR), que 4,5% sur une obligation EDF.

Au fur et à mesure du blog, je vous indiquerai des obligations que j’estime plus intéressantes que celles d’EDF. Certaines assurances-vie permettent de loger des obligations « corporate » (émises par Saint-Gobain, Lafarge, Vivendi, etc.) dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie, ce qui est en général plus intéressant.

Si malgré tout vous cédez à votre conseiller financier, et que vous n’avez pas encore de compte-titres, tenez bien compte du coût de ce dernier dans votre calcul de rentabilité ! Dans la page « Brokers obligataires », je vous indique une sélection de comptes-titres à moindre coût et donnant accès aux obligations en direct.