Posts tagged: ING

Risque sur les coupons des subordonnées Tier 1 et Tier 2

By Robin des Bonds, 8 octobre 2009

Un petit mot pour signaler cette note de rappel de la Commission Européenne :

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/441&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en

Notamment la phrase :

« banks should not use state aid to remunerate own funds (equity and subordinated debt) when their activities do not generate sufficient profits »

En Français : l’argent des aides d’Etat ne doit pas  servir à rémunérer les fonds propres ou quasi-fonds propres (actions ou dette subordonnée) des banques lorsque le bénéfice ne suffit pas.

Les décaissements facultatifs qui font sortir du cash tels que coupons sur titres hybrides, exercice de calls, rachats d’actions, dividendes facultatifs… seront très mal vus, et soumis à autorisation accordée au cas par cas.

L’impact sur les subordonnées

La  nouvelle étant toute fraîche, je n’ai pas encore étudié l’impact sur les titres perpétuels dont on a parlé ici récemment (CASA, BFCM, ING, NIBC). De mémoire, BFCM a déjà remboursé, NIBC dispose d’un programme de garantie pour les nouvelles émissions, et ING a profité des aides publiques.

Dans tous les cas, cela devrait augmenter la probabilité de suppression de coupons sur cette classe d’actifs.

Personnellement, je trouve qu’un tel rappel est une bonne chose, puisqu’il remet les choses à leur place, fait assumer le risque aux acteurs dont c’est le rôle, et au final, a plutôt tendance à remonter les rendements et à protéger l’argent de la collectivité.

Si tous les titres étaient garantis, on n’aurait plus que le taux sans risque, cela ne serait pas très enthousiasmant !



Une obligation perpétuelle ING (à Amsterdam)

By Robin des Bonds, 27 juin 2009

Bon, ce n’est pas vraiment une perpétuelle, mais une oblig subordonnée  « callable » (= rachetable par l’émetteur) au pair en 2013, ou chaque année après.

Elle est cotée sur Euronext Amsterdam, je vous conseille de passer par Binck Bank pour l’acheter.

Caractéristiques de l’obligation

  • Emetteur : ING Group
  • Rating : A+ (S&P), A1 (Moody’s), A+ (Fich)
  • ISIN : XS0356687219
  • Nominal : 1 EUR
  • Quotité : 1000 titres (les ordres se passent par lots indivisibles de 1000 titres de nominal 1 EUR)
  • Taille de l’émission : 1,5 Milliard d’Euros
  • Cotation : en % du nominal
  • Coupon : 8% annuels, les 18 avril.
  • Date d’émission : 18 avril 2008
  • Date de remboursement : perpétuelle, mais ING peut la rappeler au pair chaque année à commencer par le 18 avril 2013.

Les liens utiles

Analyse de cette obligation

L’obligation est subordonnée : dans la hiérarchie des créanciers, elle passe après les obligations senior, et avant les actions. C’est donc un titre très risqué, comme en témoigne son parcours boursier :

Graphe historique de XS0356687219

Graphe historique de XS0356687219

Emis au pair en avril 2009, le titre a chuté de près de 60% au plus fort de la crise bancaire et des peurs sur la solvabilité des banques et assurances. Le volontarisme gouvernemental et les plans d’aide à la liquidité l’ont ensuite aidé à relever la tête, permettant au cours de doubler en l’espace de trois mois !
Ce que j’aime, c ‘est que contrairement à une action, on ne peut pas se faire diluer : une augmentation de capital nous est au contraire bénéfique.

Le call au pair :

C’est un titre hybride plutôt coûteux pour l’émetteur, qui n’a pas forcément envie de se le traîner à perpétuité.  Le contrat indique qu’ING a l’option de nous reprendre les obligs à leur valeur nominale chaque année à commencer par 2013.

En conséquence, comme pour beaucoup de perpétuelles, je pense qu’elle ne dépassera jamais le pair : au-dessus du pair, on a intérêt à vendre car on court le risque de se faire racheter au pair. Ce raisonnement vaut d’autant plus qu’on est proche d’une date potentielle de call. Je ne crois pas trop à un call en 2013, donc je n’en tiens pas compte dans mon calcul de rentabilité. Mais cela serait une bonne surprise, permettant de réaliser, en plus du rendement, une plus-value de 20% en 4 ans :)

L’obligation est très liquide : on trouve des tailles très correctes dans le carnet d’ordre, et si on laisse un ordre limite pas trop délirant, on est en général servi. Une telle liquidité est pratique, car on peut encaisser le coupon sous forme de plus-value si c’est fiscalement plus intéressant. Il faut alors vendre avant le détachement, et racheter juste après. On paye le broker et la fourchette, mais selon les cas, on s’y retrouve : il faut calculer selon sa situation.

Conclusion : le détour par Amsterdam vaut la peine !

C’est un titre est très risqué, mais liquide, et pour des petites tailles (permises par la structure de frais chez Binck Bank), et avec une bonne diversification, il me semble intéressant.

Autour de 82-83, cela fait tout de même un rendement de plus de 9% brut sur une perpétuelle ! Les perpétuelles bancaires d’Euronext Paris sont plutôt dans la gamme 6-8%.

J’en ai pris ces derniers jours ! NB : ce n’est pas un conseil, je peux me tromper, comme tout le monde :) Evidemment, j’aurais préféré acheter à 40, mais à l’époque, j’étais comme tout le monde : investir sur des titres subordonnés de bancasseureurs faisait peur !