By Robin des Bonds, 27 juin 2009
Bon, ce n’est pas vraiment une perpétuelle, mais une oblig subordonnée « callable » (= rachetable par l’émetteur) au pair en 2013, ou chaque année après.
Elle est cotée sur Euronext Amsterdam, je vous conseille de passer par Binck Bank pour l’acheter.
Caractéristiques de l’obligation
- Emetteur : ING Group
- Rating : A+ (S&P), A1 (Moody’s), A+ (Fich)
- ISIN : XS0356687219
- Nominal : 1 EUR
- Quotité : 1000 titres (les ordres se passent par lots indivisibles de 1000 titres de nominal 1 EUR)
- Taille de l’émission : 1,5 Milliard d’Euros
- Cotation : en % du nominal
- Coupon : 8% annuels, les 18 avril.
- Date d’émission : 18 avril 2008
- Date de remboursement : perpétuelle, mais ING peut la rappeler au pair chaque année à commencer par le 18 avril 2013.
Les liens utiles
Analyse de cette obligation
L’obligation est subordonnée : dans la hiérarchie des créanciers, elle passe après les obligations senior, et avant les actions. C’est donc un titre très risqué, comme en témoigne son parcours boursier :

Graphe historique de XS0356687219
Emis au pair en avril 2009, le titre a chuté de près de 60% au plus fort de la crise bancaire et des peurs sur la solvabilité des banques et assurances. Le volontarisme gouvernemental et les plans d’aide à la liquidité l’ont ensuite aidé à relever la tête, permettant au cours de doubler en l’espace de trois mois !
Ce que j’aime, c ‘est que contrairement à une action, on ne peut pas se faire diluer : une augmentation de capital nous est au contraire bénéfique.
Le call au pair :
C’est un titre hybride plutôt coûteux pour l’émetteur, qui n’a pas forcément envie de se le traîner à perpétuité. Le contrat indique qu’ING a l’option de nous reprendre les obligs à leur valeur nominale chaque année à commencer par 2013.
En conséquence, comme pour beaucoup de perpétuelles, je pense qu’elle ne dépassera jamais le pair : au-dessus du pair, on a intérêt à vendre car on court le risque de se faire racheter au pair. Ce raisonnement vaut d’autant plus qu’on est proche d’une date potentielle de call. Je ne crois pas trop à un call en 2013, donc je n’en tiens pas compte dans mon calcul de rentabilité. Mais cela serait une bonne surprise, permettant de réaliser, en plus du rendement, une plus-value de 20% en 4 ans
L’obligation est très liquide : on trouve des tailles très correctes dans le carnet d’ordre, et si on laisse un ordre limite pas trop délirant, on est en général servi. Une telle liquidité est pratique, car on peut encaisser le coupon sous forme de plus-value si c’est fiscalement plus intéressant. Il faut alors vendre avant le détachement, et racheter juste après. On paye le broker et la fourchette, mais selon les cas, on s’y retrouve : il faut calculer selon sa situation.
Conclusion : le détour par Amsterdam vaut la peine !
C’est un titre est très risqué, mais liquide, et pour des petites tailles (permises par la structure de frais chez Binck Bank), et avec une bonne diversification, il me semble intéressant.
Autour de 82-83, cela fait tout de même un rendement de plus de 9% brut sur une perpétuelle ! Les perpétuelles bancaires d’Euronext Paris sont plutôt dans la gamme 6-8%.
J’en ai pris ces derniers jours ! NB : ce n’est pas un conseil, je peux me tromper, comme tout le monde
Evidemment, j’aurais préféré acheter à 40, mais à l’époque, j’étais comme tout le monde : investir sur des titres subordonnés de bancasseureurs faisait peur !