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Les obligations Arcelor Mittal chez Altaprofits et BienPrevoir

By Robin des Bonds, 8 juin 2009

Les offres d’obligations en direct via une assurance-vie pullulent !
Voici maintenant Arcelor Mittal qui se fait distribuer dans les assurances-vie !

Mise à jour de Juillet : nouvelle souche ArcelorMittal disponible, voir cet article plus récent.

Descriptif de l’obligation :

  • Emetteur : ArcelorMittal
  • Code ISIN : XS0431928760
  • Rendement : 8,25 % (hors frais de gestion du contrat, soit 7.41% après frais de gestion d’Altaprofits, ou 6.9% après frais de Bienprevoir)
  • Durée : 4 ans (3 juin 2013)
  • Lieu de cotation : Bourse de Luxembourg
  • Notation : BBB (attention, Altaprofits indique BBB+ mais Arcelor a été dégradée à BBB le 5 mai !)

Comme sur les autres formules du genre, les coupons seront réinvestis sur le fonds en Euros.

Et encore une fois, malheureusement, Altaprofits profite de la demande pour imposer des conditions de souscription drastiques, je cite :

Montant minimum du versement : 34.000 € dont 30 % et 20.000 € maximum en obligations ArcelorMittal (vous pouvez mettre la différence dans le fonds de votre choix, y compris le fonds en Euros.

Tandis que Bienprevoir rend l’obligation accessible à partir de 20.000 EUR. A noter que Bienprevoir propose également des obligations Autoroutes du Sud de la France (ASF) en direct, ainsi que des paniers « clés en main » d’obligations d’Etat, de Vodafone, BMW, Siemens, General Electric, Lafarge, pour des montants de souscriptions plus faibles.

Le marché secondaire de cette obligation existe déjà

C’est une remarque intéressante : l’obligation cote déjà sur le marché secondaire du Luxembourg.
Sur http://www.bcee.lu/fr/bonds/view par exemple, on constate que l’obligation Arcelor se traite à 103.6%, soit un taux actuariel de 6.9%

Alors, puisque cela cote déjà, ce n’est plus du primaire ? Comment ces assureurs la proposent-ils ? Altaprofits permettrait-il de souscrire au pair, ce qui serait compensé par ses conditions de souscription drastiques ? Bienprevoir a-t-il ajusté le taux dans sa communication pour tenir compte du taux sur le secondaire ?

La transparence n’est pas encore de mise chez les courtiers en assurance-vie, malheureusement, pour l’instant on ne sait pas trop s’il s’agit d’un stock acheté en primaire, ou de propositions d’acheter sur le secondaire,  cela est noyé dans le concept d’ »unités de compte ».

Mon avis sur ces obligations Arcelor Mittal en assurance-vie

J’ai déjà une assurance-vie chez Altaprofits, et je ne profiterai pas de l’offre : je ne souhaite pas immobiliser tant de capital juste pour profiter de l’accès à des obligations Arcelor Mittal. Si l’on intègre la contrainte de répartition, répartissant sur Arcelor et sur le fonds en Euros, le rendement des 34.000 EUR investis tombe à 5% pendant les 4 ans.

En outre, je préfère la liberté d’un compte-titres, permettant d’accéder à tous les titres cotés en bourse, sans dépendre du choix préalable d’un assureur : les opportunités sont surtout sur le marché secondaire, pour des tailles restreintes, et il ne faut pas compter sur une communication grand public de ces opportunités (tout au plus sur un blog à l’apparence austère, haha).

De manière générale, je trouve l’offre globale du courtier Bienprevoir intéressante en terme de diversité.

En terme d’obligations, les marges sont correctes mais sans plus, on peut y aller à condition de veiller à choisir des offres obligataires  courtes (4-5 ans) pour éviter le risque d’inflation, et ne demandant pas trop de capital, car je pense que des propositions de ce genre vont devenir de plus en plus nombreuses, ce serait alors dommage d’avoir immobilisé du capital trop tôt.

Les liens pour vous faire une idée par vous-même :
Altaprofits
Bienprevoir



Des obligations dans un contrat d’assurance-vie

By Robin des Bonds, 3 juin 2009

Boudées par les institutionnels, proposées aux particuliers

Ces obligations émises par les entreprises sont en général proposés aux investisseurs institutionnels (fonds de placement, assureurs, fonds propres bancaires…), qui les achètent en gros (les tailles standard tournent autour de 10 M EUR à 100 M EUR).

Avec la rareté des fonds, les émetteurs obligataires les moins bien notés sont boudés, et doivent chercher d’autres modes de financement.La  solution trouvée par certains ? Se tourner vers l’épargne des particuliers.
Rares sont toutefois les émetteurs qui proposent leurs obligations en direct aux particuliers. Les assureurs-vie ont bien saisi le filon, et jouent le rôle d’intermédiaire.

Une offre rare et rapidement souscrite

Pour l’instant, les courtiers en assurance-vie en ligne ont joué les pionniers, c’est ainsi que Altaprofits, Linxea, Mes-placementsvie, MonFinancier, Bienprevoir, ainsi que des cabinets de gestion de patrimoine, comme Generali Patrimoine ont proposé les obligations suivantes :

Vodafone 6.875% – Décembre 2013 (XS0402707367)

Schneider Electric 6.75% – Juillet 2013 (XS0407898807)

Saint Gobain 8.25% – Juillet 2014 (XS0409153110 )

Lafarge 7.625% – Mai 2014 (XS0430328525)

Certains conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) peuvent également jouer le rôle de distributeurs de ces obligations.

Les avantages à l’achat dans un contrat d’assurance-vie

L’assureur applique ses frais habituels sur les unités de compte (0.6% à 1%/ an, ce qui entame d’autant le rendement). Les coupons annuels sont versés sur le fonds en Euros, où ils continuent à produire des intérêts.

Cependant, malgré ces frais, il est plus rentable de détenir des obligations dans un contrat d’assurance-vie que sur un compte-titres ordinaire. La raison est la fiscalité : détenues en direct, les obligations voient leur rendement amputé de 30.1% (18% d’impôt, 12.1% de prélèvement sociaux), alors que le cadre fiscal de l’assurance-vie permet de ne payer qu’au moment du retrait de fonds, ce qui permet de profiter d’une meilleure composition des intérêts.

Un principe à encourager

En achetant des obligations en direct (ou via une assurance-vie) :

  • on encourage la désintermédiation : en montrant une forte demande, on incite les entreprises à se tourner directement vers les épargnants, qui ne sont plus forcés de rémunérer des « conseillers » et des gérants d’OPCVM inutiles et coûteux.
  • on incite tous ces parasites intermédiaires à ne pas prélever trop de marge au client s’ils veulent rester compétitifs.
  • on paye des frais sur unité de compte (0.60% à 1% par an en général), moins élevés que si l’on achetait un OPCVM obligataire (1% à 2% par an)
  • on ne subit pas les effets néfastes des entrées/sorties d’autres investisseurs dans un OPCVM obligataire
  • on peut en acheter en décimalisé, pour des portions du nominal (ce dernier est de 50 000 EUR en général)
  • on bénéficie d’une transparence totale sur son patrimoine : on sait ce que l’on fait et où on va.

Les risques à assumer

  • Le risque sur la solvabilité de l’entreprise, comme dans tout investissement obligataire
  • En cas de besoin de fonds, on doit revendre sur le marché secondaire. Pour les émissions vendues dans des assurances-vie, le marché secondaire semble assez liquide et bien se porter (voir par exemple ici le cours sur le marché secondaire de l’obligation Saint-Gobain mentionnée plus haut, plutôt que le prix, qui est monté mécaniquement avec la baisse des taux, c’est l’existence même de transactions qui est heureux)
  • Contrairement au fonds en Euros, les souscriptions dans des obligations ne rentrent pas dans la garantie des 70.000 EUR (c’est l’assuré qui supporte le risque des unités de compte) Correction : Les UC entrent bien dans le périmètre de couverture de la FGAP en cas de défaut de l’assureur. Merci BEAUCOUP à « oscour » de l’avoir mentionné dans les commentaires.
  • Les assureurs en profitent pour forcer des minimums de souscription parfois délirants (par exemple, Altaprofits fixait 10.000 EUR pour Saint-Gobain, et fixe pour la souscription de Lafarge en cours un minimum de… 34.000 EUR ! dont 30% maximum en obligations Lafarge !), en nouveau versement (pas d’arbitrage en provenance de supports déjà existants). Or, avec de telles conditions, difficile de correctement diversifier ou de se constituer un panier d’obligations.

En conclusion

La commercialisation d’obligations corporate dans des contrats d’assurance-vie est permet d’accéder à de très bonnes  opportunités qui risquent de cesser net dès que les institutionnels  retrouveront des capitaux à prêter. En attendant, en profitant aux offres qui n’ont pas des minimums de souscription délirants, on peut arriver à bonifier le taux de son assurance-vie sans prendre le risque actions.