Des obligations dans un contrat d’assurance-vie
Boudées par les institutionnels, proposées aux particuliers
Ces obligations émises par les entreprises sont en général proposés aux investisseurs institutionnels (fonds de placement, assureurs, fonds propres bancaires…), qui les achètent en gros (les tailles standard tournent autour de 10 M EUR à 100 M EUR).
Avec la rareté des fonds, les émetteurs obligataires les moins bien notés sont boudés, et doivent chercher d’autres modes de financement.La solution trouvée par certains ? Se tourner vers l’épargne des particuliers.
Rares sont toutefois les émetteurs qui proposent leurs obligations en direct aux particuliers. Les assureurs-vie ont bien saisi le filon, et jouent le rôle d’intermédiaire.
Une offre rare et rapidement souscrite
Pour l’instant, les courtiers en assurance-vie en ligne ont joué les pionniers, c’est ainsi que Altaprofits, Linxea, Mes-placementsvie, MonFinancier, Bienprevoir, ainsi que des cabinets de gestion de patrimoine, comme Generali Patrimoine ont proposé les obligations suivantes :
Vodafone 6.875% – Décembre 2013 (XS0402707367)
Schneider Electric 6.75% – Juillet 2013 (XS0407898807)
Saint Gobain 8.25% – Juillet 2014 (XS0409153110 )
Lafarge 7.625% – Mai 2014 (XS0430328525)
Certains conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) peuvent également jouer le rôle de distributeurs de ces obligations.
Les avantages à l’achat dans un contrat d’assurance-vie
L’assureur applique ses frais habituels sur les unités de compte (0.6% à 1%/ an, ce qui entame d’autant le rendement). Les coupons annuels sont versés sur le fonds en Euros, où ils continuent à produire des intérêts.
Cependant, malgré ces frais, il est plus rentable de détenir des obligations dans un contrat d’assurance-vie que sur un compte-titres ordinaire. La raison est la fiscalité : détenues en direct, les obligations voient leur rendement amputé de 30.1% (18% d’impôt, 12.1% de prélèvement sociaux), alors que le cadre fiscal de l’assurance-vie permet de ne payer qu’au moment du retrait de fonds, ce qui permet de profiter d’une meilleure composition des intérêts.
Un principe à encourager
En achetant des obligations en direct (ou via une assurance-vie) :
- on encourage la désintermédiation : en montrant une forte demande, on incite les entreprises à se tourner directement vers les épargnants, qui ne sont plus forcés de rémunérer des « conseillers » et des gérants d’OPCVM inutiles et coûteux.
- on incite tous ces parasites intermédiaires à ne pas prélever trop de marge au client s’ils veulent rester compétitifs.
- on paye des frais sur unité de compte (0.60% à 1% par an en général), moins élevés que si l’on achetait un OPCVM obligataire (1% à 2% par an)
- on ne subit pas les effets néfastes des entrées/sorties d’autres investisseurs dans un OPCVM obligataire
- on peut en acheter en décimalisé, pour des portions du nominal (ce dernier est de 50 000 EUR en général)
- on bénéficie d’une transparence totale sur son patrimoine : on sait ce que l’on fait et où on va.
Les risques à assumer
- Le risque sur la solvabilité de l’entreprise, comme dans tout investissement obligataire
- En cas de besoin de fonds, on doit revendre sur le marché secondaire. Pour les émissions vendues dans des assurances-vie, le marché secondaire semble assez liquide et bien se porter (voir par exemple ici le cours sur le marché secondaire de l’obligation Saint-Gobain mentionnée plus haut, plutôt que le prix, qui est monté mécaniquement avec la baisse des taux, c’est l’existence même de transactions qui est heureux)
- Contrairement au fonds en Euros, les souscriptions dans des obligations ne rentrent pas dans la garantie des 70.000 EUR (c’est l’assuré qui supporte le risque des unités de compte) Correction : Les UC entrent bien dans le périmètre de couverture de la FGAP en cas de défaut de l’assureur. Merci BEAUCOUP à « oscour » de l’avoir mentionné dans les commentaires.
- Les assureurs en profitent pour forcer des minimums de souscription parfois délirants (par exemple, Altaprofits fixait 10.000 EUR pour Saint-Gobain, et fixe pour la souscription de Lafarge en cours un minimum de… 34.000 EUR ! dont 30% maximum en obligations Lafarge !), en nouveau versement (pas d’arbitrage en provenance de supports déjà existants). Or, avec de telles conditions, difficile de correctement diversifier ou de se constituer un panier d’obligations.
En conclusion
La commercialisation d’obligations corporate dans des contrats d’assurance-vie est permet d’accéder à de très bonnes opportunités qui risquent de cesser net dès que les institutionnels retrouveront des capitaux à prêter. En attendant, en profitant aux offres qui n’ont pas des minimums de souscription délirants, on peut arriver à bonifier le taux de son assurance-vie sans prendre le risque actions.