Par Nicolas Pérot · Mis à jour le 4 septembre 2026
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Meilleur courtier pour acheter des obligations en 2026

J’ai ouvert un compte et passé de vrais ordres sur les cinq courtiers accessibles aux particuliers français qui proposent des obligations en direct : Saxo Bank, Interactive Brokers, Trade Republic, Fortuneo et Bourse Direct. Ce comparatif résume ce qui compte vraiment pour un investisseur obligataire : la profondeur du catalogue, les frais réels sur un ordre standard, et la fiabilité des informations affichées sur chaque titre.

Verdict en une phrase : deux courtiers seulement sont réellement adaptés aux obligations, Saxo Bank et Interactive Brokers. Les trois autres conviennent pour les actions ou l’épargne bancaire, mais déçoivent sur ce marché spécifique.

Tableau comparatif

CourtierNote obligsFrais sur un ordreMontant minimumSélectionIFURégulé en France
Saxo Bank4,5/50,20 % (min 20 €)~10 000 € par ordre~5 200 titresOuiOui
Interactive Brokers4,5/50,10 % (min 2 €)Prix d’une obligation (souvent 1 000 €)~1 million de titres (US)NonNon
Trade Republic2,5/51 € fixe par ordre1 € (fractionné)~600 titresOui, mais parfois erronéNon (Allemagne)
Bourse Direct2/50,99 € à 0,09 % dégressifAucun minimum imposéOAT quasi uniquementOuiOui
Fortuneo2/50,49 % à 0,10 % dégressifAucun minimum imposéPoignée de titres exploitablesOuiOui

Ce tableau se lit avec une nuance importante : la note reflète l’offre obligataire, pas le courtier dans son ensemble. Fortuneo et Bourse Direct sont d’excellents courtiers pour les actions et les ETF, avec des frais bas et un IFU fiable. Leur module obligataire, en revanche, est secondaire dans leur stratégie et cela se voit dans la qualité des données affichées.

Comment choisir selon votre profil

Vous voulez le meilleur compromis simplicité / sérieux, avec un service en français. Prenez Saxo Bank. L’offre est large (plus de 5 200 obligations), l’interface est pensée pour les obligations (duration, rendement à terme, graphique du prix), et le fait d’être régulé en France évite la déclaration de compte à l’étranger. Le prix à payer : un plancher de 20 € par ordre et un montant minimum d’environ 10 000 €, qui écarte les petits portefeuilles.

Ouvrir un compte chez Saxo Banque →

Vous voulez les frais les plus bas et le catalogue le plus large, et la complexité ne vous fait pas peur. Prenez Interactive Brokers. Les commissions (0,10 % du nominal, minimum 2 €) sont difficiles à battre, il n’y a pas de montant minimum imposé (une obligation à 1 000 € suffit), et le scanner obligataire permet de filtrer par notation, échéance ou secteur. En échange, il faut composer avec une interface austère et l’absence d’IFU français (déclaration manuelle des revenus obligataires).

Ouvrir un compte chez Interactive Brokers →

Vous débutez et voulez juste tester avec quelques dizaines d’euros. Trade Republic permet d’acheter des fractions d’obligations dès 1 €, ce qu’aucun autre courtier de ce comparatif ne propose. C’est un bon point d’entrée pédagogique, à condition d’accepter une information très sommaire sur chaque titre (pas de notation, pas de calcul de rendement affiché) et un support client quasi injoignable. Ce n’est pas un outil pour construire un vrai portefeuille obligataire diversifié.

Vous avez déjà un compte-titres chez Fortuneo ou Bourse Direct pour vos actions. Inutile d’en ouvrir un troisième uniquement pour les obligations. Chez Bourse Direct, vous pourrez acheter des OAT françaises (l’essentiel de son offre obligataire tient dans ce seul segment) avec des frais très bas. Chez Fortuneo, vous tomberez surtout sur quelques titres participatifs ou perpétuelles exploitables, le reste du catalogue étant peu fiable (cours figés, historiques vides). Pour tout le reste, il faudra un compte chez Saxo ou IBKR en complément.

Pourquoi ce classement

Saxo et Interactive Brokers partagent un point commun décisif : ce sont les deux seuls courtiers de ce comparatif construits pour le marché obligataire, avec un vrai desk obligataire, des milliers de titres réellement négociables (pas seulement listés), et des fiches produit fiables (rendement, duration, notation). La différence entre les deux se joue sur l’arbitrage simplicité contre prix : Saxo coûte plus cher mais reste accessible et en français, IBKR est moins cher mais demande de l’autonomie.

Trade Republic, Fortuneo et Bourse Direct ont un point commun inverse : les obligations sont un module secondaire, ajouté sur une infrastructure pensée pour les actions. Résultat, chez Fortuneo et Bourse Direct, une bonne partie des titres listés ne cotent quasiment jamais et certaines informations affichées (cours, dates de coupon) se sont révélées fausses lors de mes tests. Chez Trade Republic, l’information est correcte mais si réduite qu’il est difficile d’évaluer sérieusement ce que l’on achète.

Foire aux questions

Quel est le courtier le moins cher pour acheter des obligations ?

Interactive Brokers, avec une commission de 0,10 % du nominal et un minimum de 2 € par ordre (contre 20 € chez Saxo). Sur un ordre de 5 000 €, cela représente 5 € chez IBKR contre 20 € chez Saxo. L’écart se resserre sur les gros ordres, puisque le minimum de Saxo devient vite négligeable au-delà de 10 000 €.

Peut-on acheter des obligations avec un petit budget ?

Oui, mais pas chez tous les courtiers. Trade Republic permet d’investir dès 1 € grâce au fractionnement. Interactive Brokers permet d’acheter une obligation isolée dès son nominal (souvent 1 000 €). Saxo Bank, en revanche, impose un minimum d’environ 10 000 € par ordre, ce qui l’écarte des petits portefeuilles.

Un courtier étranger comme Interactive Brokers est-il fiable ?

Oui. IBKR est réglementé et affilié au système de garantie des investisseurs de l’UE (20 000 € par client en cas de défaillance du courtier), avec des actifs clients détenus sur des comptes ségrégués. La contrainte n’est pas la sécurité mais l’administratif : pas d’IFU français, déclaration manuelle des revenus obligataires, et déclaration du compte à l’étranger (formulaire 3916).

Faut-il un compte-titres ou un PEA pour acheter des obligations ?

Un compte-titres ordinaire (CTO). Les obligations ne sont pas éligibles au PEA, même chez les courtiers qui proposent les deux enveloppes comme Saxo. Voir notre fiche sur le CTO pour la fiscalité applicable.

Peut-on cumuler plusieurs courtiers ?

Oui, rien ne l’interdit, et c’est même une pratique courante chez les investisseurs obligataires expérimentés : par exemple un compte Saxo pour la simplicité et l’IFU, complété par un compte Interactive Brokers pour les titres introuvables ailleurs ou les gros volumes où les frais dégressifs d’IBKR deviennent intéressants.

Pour aller plus loin

Cette page ne constitue pas un conseil en investissement. Les obligations comportent un risque de perte en capital, le capital n'est pas garanti. Renseignez-vous et évaluez votre tolérance au risque avant tout investissement.