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Les obligations indexées sur l'inflation

Terme en anglais : Inflation-linked bond

par : Robin des bonds

Le fonctionnement des obligations indexées sur l'inflation

Les obligations indexées sont arrivées en France en 1998, ce qui est relativement récent par rapport à l'âge du marché obligataire qui se compte en siècles.

En contrepartie d’un coupon facial plus faible, leurs coupons ou leur capital est indexé sur l’inflation. Elles sont en général émises par les Etats (on parle alors d’OATi) ou les organismes publics (Cades), plus rarement des banques, très rarement des entreprises commerciales.

Différents modes d’indexation

Les financiers sont très créatifs lorsqu’il faut inventer des produits financiers. Voici les principaux modes d’indexation sur l’inflation :

  • Les coupons se revalorisent chaque année de l’inflation : si le coupon de la première année était de 30 EUR, et que l’inflation de la seconde année de 2%, le coupon suivant sera de 30×1,02 = 30,6 EUR. Un investisseur comptant sur ses coupons pour régler ses dépenses conserve le même pouvoir d’achat.
  • Les coupons fixes + l’inflation sur la période. Par exemple, un coupon de 3% + inflation donnerait 4% dans l’exemple.
  • Le capital peut être indexé : un investisseur débourse 100 EUR pour acheter une obligation indexée à 10 ans, il touchera des coupons (en général minimes pour compenser le bénéfice lié à l’indexation), et récupérera à terme son capital augmenté de l’inflation sur la période (ex : 100 x 1,02 x 1,01 x 1,02 x …. x 1,04 = 130 EUR). Dans la réalité, le calcul de composition des taux d’inflation est simplifié, en observant la progression de l’indice des prix de l’INSEE entre les deux dates.
  • Si le capital est indexé, les coupons peuvent l’être aussi, par exemple, 2% du capital théorique.

Il convient donc, ici plus qu'ailleurs, de bien lire le prospectus du titre, il y a de nombreuses variétés d’indexations, savoir où l’on se situe permet de savoir si l’on paye le bon prix !

Ce qui compte, ce sont les anticipations d'inflation plus que l'inflation elle-même

Les marchés étant raisonnablement efficients, une obligation qui protège d'un risque (ici le risque d'inflation) aura toujours un rendement théorique inférieur à une obligation qui subit ce risque.

Cela signifie que les obligations à taux fixe traditionnellent intègrent déjà, dans leurs cours et donc dans leur rendement, un surcroit de rémunération pour tenir compte du risque d'inflation. Autrement dit, le risque réel consistera en une augmentation de l'inflation supérieur à celle déjà intégrée dans le cours, et non à une simple hausse de l'inflation.

Le même raisonnement tient à avec les obligations indexées sur l'inflation : elles sont rentables si l'inflation augmente davantage que prévu et non simplement si elle augmente. Il faut donc étudier l'inflation implicitement intégrée dans le prix d'achat plutôt que simplement s'en tenir à un raisonnement de premier niveau "j'anticipe une hausse de l'inflation donc ces obligations sont intéressantes".

Différentes mesures de l’inflation

Le choix de l’indice d’indexation a une forte influence sur le rendement du titre. On a pu voir, avec les multiples révisions des taux d’indexation des loyers, que déterminer une inflation « juste » n’est pas chose facile.

La plupart des obligations françaises utilisent l’indice des prix à la consommation hors tabac (historique de l’IPC, publié mensuellement par l’Insee) : l’inflation entre deux périodes est le taux de progression de l’indice entre ces deux périodes.

Les OAT€i, elles, utilisent l’inflation européenne basée sur l’indice harmonisé des prix de la zone euro (hors tabac).

Cet indice (IPCH, ou HICP en anglais) est publié par Eurostat , mais c’est moins évident sur le site de l’INSEE : pas facile l’Europe !

Les prospectus obligataires sont, dans leur grande majorité, assez détaillés pour ne laisser aucune ambiguité quant au taux utilisé.